Dimanche 3 décembre 2006

Les Karauva espionnent les Pandava

Les Pandava quittent l’ermitage Kamyaka épuisés, dans un état lamentable, et se rendent près du lac Dvaitavana. Un ermite les rencontre en route et va donner de leurs nouvelles à Dhritarstra. Ce dernier, qu’on sait aveugle et faible, éprouve de la compassion pour ses neveux, mais en même temps il craint pour son fils Duryodhana, l’héritier potentiel au trône, car il n’a pas oublié les menaces des cousins et en particulier Bhima, après les parties de dés ! Pendant le rapport de l’ermite, Sakuni le tricheur aux dés était caché derrière un mur et espionnait et rapporte la conversation à Duryodhana et à Karna. Ces derniers montent un plan pour saper le moral de ses cousins et les décourager dans leur vengeance. La guerre psychologique commence. Mais le vieux roi acceptera-t-il ? Ce plan consiste à se présenter devant les Pandava en grande pompe, avec tout l’apparat royal, alors qu’ils sont habillés d’écorces d’arbres et sont méconnaissables.

   

La première bataille - Karauva contre Gandharva

Plutôt que d’essuyer un refus du père, Duryodhana monte le stratagème suivant : aller inspecter les troupeaux, compter et marquer les veaux qui sont comme par hasard près du lac Dvaitavana, lieu de résidence des cousins et à faire le coup du « Tiens, comme c’est curieux, nous passions par là, incidemment, Pandava we presume !! » Ils pourraient organiser une partie de chasse, joindre l’agéable à l’utile. Dhritarstra accepte le plan à regret, car il soupçonne quelque ruse. Le groupe de « provocateurs » se met en route, suivi de citadins curieux qui avaient appris la nouvelle – qui est allée très vite, comme d’habitude. Ils sont accompagnés de chars, d’éléphants, de fantassins, de chasseurs, de bardes !! et tout ça dans un vacarme étourdissant. Arrivé près du lac, les Gandharva (danseurs et chanteurs célestes, médiateurs entre les dieux et les hommes) leur barrent la route. Qui va là ? Et c’est la première escarmouche. Le Karauva sont déterminés à passer mais les Gandharva avec à leur tête leur roi Citrasena les mettent en déroute. Ils font des prisonniers et même des prisonnières –les princesses- parmi les Karauva. Yudhishou aurait pu se satisfaire de cette situation en voyant ses cousins en grande difficulté et même battus, mais non, ce roi est « droit », c’est sa famille après tout, donc il demande à ses frères de venir à leur secours !

  

Arjuna et les Gandharva

Le roi des Gandharva fait appel à ses pouvoirs magiques pour se rendre invisible ainsi que ses armes afin de combattre Arjuna. Mais ce dernier depuis qu’il est revenu de chez son père Indra dispose d’armes redoutables. En l’occurrence, il fait appel à l’arme Agneya (feu, le agni grec). Chaque camp est déterminé et le combat est rude. Citrasena devant la puissance de feu d’Arjuna se révèle à lui… un ami de longue date, rencontrée déjà chez Indra. Le monde est petit. Arjuna fait revenir à lui l’arme qu’il avait lancée afin d’épargner Citrasena. Mais il est intrigué par la présence opportune des Gandharva dans ces lieux et pourquoi ils ont attaqué les Karauva ? C’est Indra qui les a envoyé pour protéger les Pandava quand il a su (Indra est Dieu et connaît la pensée des hommes n’est-ce pas ?) le funeste projet que leurs cousins ourdissaient ! Yudhishou toujours grand prince, c’est plus fort que lui, il n’est pas roi du dharma pour rien, fait libérer les prisonniers des Gandharvas.

Après cette entrée en matière belliqueuse, tout le monde rentre chez soi. Les Karauva dans leur palais à Hastinapura et le Pandava dans leur ermitage. Mais il y a un qui ne veut pas retourner au palais, trop honteux de son pitoyable exploit. C’est Duryodhana. Lui qui voulait humilier les Pandava et saper leur morale se trouve humilié. Le coup de l’arroseur arrosé ! Alors il décide de se laisser mourir, un suicide à petit feu par la grève de la faim ! Mais le suicide, vous vous doutez bien, surtout dans ces civilisations anciennes où la croyance en la continuité de l’âme est très forte, est mal vu.

 

Duryodhana chez les démons :

Des êtres infernaux, les asura, émus par le malheur de l’héritier s’en mêlent et viennent proposer leur aide. Notez le parallèle ici, Arjuna était parti chercher de l’aide au ciel chez Indra et les autres dieux, les deva, le bien et le mal.

Après une célébration des rites, une sorcière émerge des feux et emmène Duryodhana en enfer auprès des démons. Ceux-ci l’accueillent et lui déclarent :

- Ecoute la vérité sur ton origine divine et sur la façon dont ton corps a été créé. Tu recouvreras ainsi ta fermeté pour aller au combat. Nous t’avons obtenu autrefois de Siva grâce à nos austérités. La partie supérieure de ton corps, formée d’un assemblage de diamants, est invulnérable aux armes de toute espèce. La partie inférieure de ton corps a été faite de fleurs par la Déesse et sa beauté ravit le cœur des femmes, tu n’es pas humain mais divin !

Ces êtres infernaux le réconfortent et même à lui prédisent la victoire sur les Pandava. Il devient ainsi le « champion » des démons.

 

 

Enlèvement de Draupadi

Un petit intermède après cette première escarmouche… les Pandava vont un jour à la chasse, quoi de plus normal car il faut nourrir la troupe. Un petit roitelet de passage aperçoit Draupadi et tombe amoureux, (souvenez-vous, les Karauva voulaient déjà la piquer à leurs cousins). Elle a beau lui dire qu’elle a cinq maris, l’autre est sourd et pas aveugle. Malgré la présence de Daumya le chapelain, il enlève Draupadi. Pour son grand malheur, car les Pandava de retour lance une chasse à l’homme, rattrapent le « Pâris indien », et reprennent leur épouse. Grands princes, ils laissent repartir le voleur de femme et sa troupe.

 

La multiplication du riz.

Tout plein d’histoires sont racontées dans le Mbh et je mets celle-ci qui devrait rappeler des choses. Vyasa, le récitant et acteur du Mbh, raconte l’histoire du Brahmane Mugdala. Celui-ci vivait sur le Kuruksetra (1) et vivait de glanures (comme Ruth dans les champs de Booz l’endormi hé hé … vous avez dit Bible ! au hazard) récoltées chaque jour. Il ne pratiquait cette récolte que pendant quinze jours, passant la quinzaine suivante, avec sa femme et son fils, à nourrir ses nombreux hôtes. Comme les grains récoltés ne représentaient qu’une toute petite provision, il n’aurait pu nourrir tant d’hôtes si, sans qu’il y prenne garde, les provisions ne s’étaient gonflées chaque jour un peu plus après qu’il eut puisé dedans sans compter…. Un miracle ! Même le terrible Durvasas (brahmane acariâtre déjà rencontré) en vient à le mettre à l’épreuve… il s’invite à dîner un soir et son ventre a failli éclater sans qu’il ait à entamer le stock de grains !!

 

 

 

 

J’arrête pour aujourd’hui. Le prochain épisode sera consacré aux grandes manœuvres diplomatiques autour des alliances qui préfigurent la guerre. Je passerai outre un certain nombre d’histoires encore, il y en a tant, qui se recoupent, qui sont même répétées !!

 1 – Kuruksetra : nom à retenir… c’est le champ où la grande bataille aura lieu.

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 26 novembre 2006

Bonjour aux courageux !

Je vais vous (enfin soyons réaliste, à mon trio-fan … club !! et peut-être à quelques égarés.... bienvenue) parler du long, très long pèlerinage des Pandava ; mais en prenant de sévères raccourcis ! Sinon je vois déjà le marques du clavier sur vos fronts !!

En effet tout au long du pèlerinage, le sage Lomasa qui accompagne les Pandava, leur raconte beaucoup d’histoires, de contes, des fables …. les plus invraisemblables pour les encourager et les faire passer des moments disons agréables. Notons que ces contes ont été largement repris au fil du temps et ont traversé les frontières. Par exemple, beaucoup de contes des « Mille et une nuits » y sont issus en ligne directe. Mme Quentric-Séguy y a puisé largement pour ses livres. Les cinéastes de Bollywood ne se privent pas non plus.

Je ne vais donc pas m’étendre trop longuement sur ce passage, car Arjuna nous attend pour revenir voir sa famille et il y a un petit différent à régler avec les cousins.

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Le pèlerinage des Pandava :

En attendant le retour d’Arjuna, Yudishou et sa bande entreprennent une série de pèlerinages dans les quatre directions du pays. Le but de ces pèlerinages est le même que celui des croyants des religions, mêmes actuelles : rendre les dieux ou les personnages divins favorables par la prière, l’ascétisme… les purifier de leurs péchés.

Ces lieux de pèlerinages sont des tirtha ou gués des rivières qui symbolisent des passages, voire des passages dans l’au delà. (un peu de pub !!! cf article sur Minas Tirith), ce sont des endroits où les dieux aiment y venir.

Le Pygmalion indien :

Ces pèlerinages sont jalonnés d’histoires merveilleuses comme celles déjà rencontrées, par exemple celle des asparas qui détournent des saints hommes et de qui naissent des personnages hors du commun. Parmi ces histoires, en voici une qui rappelle étrangement celle de Pygmalion (1). Il s’agit du pieux Agastya qui au détour d’une ballade en forêt rencontre ses ancêtres dans une drôle de posture. Ils sont suspendus comme des chauves-souris !! au dessus d’une fosse, la tête en bas. La raison de cette fâcheuse position ? Agastya n’a pas de descendants qui pourraient les sortir de ce mauvais pas, car selon l’hindouisme mais c’est vrai également pour d’autres religions, par exemple dans le culte des morts chez les romains avec les mânes (ou encore les lémures qui n’hésitaient pas à faire les murs pour revenir dans leur ancienne maison), c’est aux descendants de s’occuper de l’âme des ancêtres s’ils ne veulent pas les voir finir leur séjour en … enfer. Agastya prétexte que jusqu’ici il n’a pu trouver une femme à son goût, malgré toutes ses (molles) recherches. Pour pallier à ce « manque de chaussures », il se fabrique une « gazelle » avec les plus belles parties des femmes et il la fait concevoir au roi des Vidharba qui comme par hasard, ça tombe bien, menait une vie ascétique pour avoir une fille ! Comme prévu, Agastya prend cette fille comme épouse. Mais venant d’un palais, (elle est née avec une cuiller en or dans la bouche) elle exige à son mari de continuer à vivre dans le luxe comme chez son père. N’étant pas trop fortuné, car ce mari est brahmane, il va trouver successivement trois rois pour leur demander une part de richesse. Mais les comptes de ces trois royaumes sont équilibrés, ce qui est signe de bonne gestion, les dépenses et les recettes sont égales et toute nouvelle dépense serait au détriment du peuple !!! On lui conseille d'aller trouver l’asura (démon) Ilvala qui possède une immense fortune. Ilvala le reçoit avec ses copains brahmanes et les invite à déjeuner. Ce démon facétieux change son jeune frère en chèvre et le sert à déjeuner aux brâhmanes. Comme il a le pouvoir de ressusciter les morts en les appelant, il appelle son frangin qui en l’entendant tord les boyaux des gourmands. Voilà que les différents morceaux du frère percent les ventres des brahmanes pour sortir. Il recolle ces morceaux et ressuscite son frère.

Le pèlerinage continue, ponctué par des histoires plus ou moins extraordinaires. On y apprend que des graines de potiron donnent naissance à soixante mille fils !!

Un ermite irascible ordonne aux montagnes et aux vents de chasser les intrus. Dès que ceux-ci ouvrent la bouche, pluie et pierres leur tombent sur la tête !! Ce qui sera bien pratique pendant la guerre.

Quelques rencontres :

Yudishou et sa bande rencontrent Krishna et son frère en route. Le frère voyant ces va-nu-pieds, vertueux entre tous, leur prédit la victoire sur les Kaurava. Car ne l’oublions pas, les douze années d’exil arrivent à leur terme et la guerre que j’annonce depuis le début approche !! Mais rassurez-vous, elle aura bien lieu, comme celle de Troie !

En route, la petite troupe de va-nu-pieds est bien fatiguée par leur longue marche et Yudishou trouve le temps long en l’absence d’Arjuna. Bhima le costaud se propose de porter Draupadi, l’épouse commune, mais les autres lui donnent du souci et sont à la traîne. Une idée lui vient tout à coup ! S’il faisait appel à son fils raksasa…. Ghatotkaca ! Celui qu’il avait eu avec la raksasa Hidimbi, la sœur du minotaure Hidimba. Comme on se retrouve ! Ghatotkaca arrive en quatrième vitesse pour prêter main forte. Il porte Draupadî, d'autres de ses potes raksasa se chargent des Pandava et des brâhmanes, tous partent par la voie des airs !!

Bhima rencontre également le dieu singe Hanûmân, protéiforme, qui devient aussi imposant qu’une montagne puis reprend sa forme normale. Ce dieu singe prendra part à la guerre et en bonne place, puisque qu’il sera le porte-étendard d’Arjuna.

Le retour d’Arjuna :

Le retour d’Arjuna, annoncé par un dieu rencontré lors de leur pérégrination, se fait dans un ermitage, ce qui est normal, car l’ermitage est un domaine consacré aux dieux.

Arjuna réapparaît donc dans le … char de son père Indra, avec toute la panoplie dont j’avais parlée il y a quelques épisodes. Les retrouvailles sont chaudes et tout le monde échange des nouvelles, car en 12 ans beaucoup d’eau a coulé dans le … Gange !

Arjuna raconte ses exploits guerriers chez son père, avec le char divin, dont l’attelage n’a pas moins de 10.000 chevaux blancs, volant à la vitesse de la …pensée !

Bhima et le serpent monstrueux :

Bhima raconte sa bataille contre un serpent géant affamé qui se trouve en fait être Nahusa. Bhima le costaud n’y peut rien contre le serpent, ses forces se sont évanouies. Nahusa raconte comment il avait reçu une malédiction (chose courante) d’Agastya pour avoir témoigné du mépris envers les brahmanes, mais Agastya, bon prince lui avait promis que cette malédiction prendrait fin et qu’il retrouverait donc sa forme « quand il rencontrera celui qui saura répondre à ses questions ». C’est Yudichou, le Darmaraja ou roi du Dharma qui viendra au secours de Bhima pour délivrer le serpent et Bhima par la même occasion. La leçon à tirer de cet échange est que la force (de Bhima) ne peut changer le destin.

Retour à l’ermitage de départ :

Les Pandava au grand complet, donc avec Arjuna reprennent le chemin du retour. Après avoir entendu tous les récits du visionnaire Markandeya, celui qui avait raconté le déluge, les Pandava croient en leur destin et sont sûrs d’aller vers la victoire, ils ont Krishna de leur côté, futur cocher d’Arjuna.

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Je termine ici en laissant de côtés d’autres histoires non moins merveilleuses, nous pourrons passer, enfin à la première rencontre entre les deux camps ennemis. Les armes sont fourbies… et attendent… bonne semaine à tous !!

Note

1 – Voir « Les Métamorphoses » d’Ovide, histoire reprise dans « Le roman de la rose »

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 19 novembre 2006

Bonjour à tous !!

Le sujet du jour… « Le déluge dans l’Inde antique » et ça…. tombe plutôt bien, vu l’eau qui dégringole en ce moment !!

Mais revenons à nos bestioles !! Quand on parle de déluge, la première chose qui nous vient à l’esprit, c’est Noé avec son Arche, les animaux par couple, … et vogue la galère, tant pis pour les autres et Dieu reconnaîtra les siens….!! Mais il y a aussi le déluge dans les mythologies grecques et mésopotamiennes… et même amérindiennes ! mais là c’est un autre sujet. Ce qu’il a de commun dans ces déluges, c’est la volonté d’un être supérieur, certains diront Dieu, de faire du ménage en purifiant par l’eau un monde devenu mauvais, afin de remettre les compteurs à zéro. Serions-nous en plein dans la période de purification ? …

Le déluge indien est décrit dans un livre du Mahabharata qui pourrait être comparé à l’Apocalypse (1) du nouveau testament. C’est le visionnaire Mârkandeya (2) qui raconte cet épisode à la demande de Yudichou (je crois celle-là va rester !!).

Voici l’histoire. Manu (3), pris de compassion pour un menu… fretin frétillant dans le Gange, le prit chez lui et l’éleva comme son fils. Ce petit poisson grandit tant et si bien qu’il a fallu le déménager régulièrement d’appartement,… puis il devint si grand qu’il fit déborder les océans !! Ce poisson se révéla enfin être une forme de Brahma…. Venu passer des consignes pour sauver les différentes formes de vie qui existent sur la planète. Il donne ces instructions à Manu : construire un bateau afin d’embarquer des …. semences (et non des couples) des différentes espèces, mobiles et immobiles, (flore et faune).

Au-delà de ce qu’on pourrait qualifier de mythe, c’est la parabole (l’ai-je bien envoyé ?) de fin du monde et de sa régénération de façon cyclique qui est racontée.

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« Le rayonnant Manu surpassait ses aïeux en force, en puissance, en majesté et en ascèse. Il pratiqua une très sévère ascèse, se tenant sur un pied, les bras en l'air. La tête en bas, immobile et sans cligner des yeux, il mena une terrible ascèse pendant dix mille ans.

Un jour, un poisson nageant au bord de la rivière Vîrinî dit à cet ascète portant chignon et vêtement d'écorce :

- Seigneur, je suis un tout petit poisson. J'ai peur des gros poissons, plus forts ! Protège-moi, s'il te plaît. Les poissons les plus forts mangent les plus faibles : telle est l'immuable sort qui nous est imparti. Je t'en prie, sauve-moi de ces flots qui me terrorisent et où je risque la mort. Je te récompenserai de ce que tu feras.

Manu, débordant de compassion, prit le poisson dans sa main, le fit venir à la rive et le déposa dans une grande jarre. Le poisson, prospéra comme un hôte de marque et Manu s'éprit de lui comme d'un fils. Longtemps après, le poisson, devenu très gros, ne tint plus du tout dans l'eau de la jarre. Alors, il vit Manu et lui dit encore :

- Seigneur bienveillant, procure-moi maintenant un autre séjour !

Manu le retira de la jarre, le transporta vers un grand réservoir d'eau, et l'y déposa. Le poisson y prospéra pendant de nombreuses années. Ce réservoir avait deux lieues de long et une de large. Mais le poisson n'y tenait plus, au point de ne plus pouvoir bouger. Alors, il vit Manu et lui dit encore :

- Seigneur bienveillant, conduis-moi à la reine des rivières, le Gange, je vivrai là, mon ami, si tu en es d'accord.

À ces mots, Manu obéit : il le mena au Gange et l'y mis lui-même sans hésiter.

Le poisson y prospéra un certain temps, puis il vit Manu et lui dit de nouveau :

- Seigneur, je ne peux plus me mouvoir dans le Gange, à cause de ma taille. Je t'en prie, conduis-moi à l'océan.

Manu lui-même retira le poisson des eaux du Gange, le conduisit à l'océan et l'y lâcha. Notez que, bien qu'il fût devenu très grand, aux yeux de Manu il était facilement transportable et agréable à sentir ! et à caresser.

Et quand le poisson fut mis dans l'océan par Manu, il lui dit en souriant :

- "Seigneur, tu as tout fait, sans rien omettre, pour me sauver. Apprends de moi ce que tu devras faire quand le temps sera venu.

Dans peu de temps, toutes les créatures et toutes les choses sur la terre iront à la destruction. Le temps de la destruction des mondes par le déluge est proche. C'est pourquoi, je vais t'apprendre dès maintenant des choses qui te seront très utiles.

Pour tout ce qui est mobile et tout ce qui ne se meut pas, parmi les êtres et les choses, les temps de l'épouvante sont venus. Tu dois construire une arche bien close, munie d'une corde. Tu y monteras avec les sept Grands Anciens. Dans cette arche, tu feras entrer tour à tour toutes les semences que je t'ai nommées auparavant, bien protégées les unes des autres. Puis tu m'attendras dans l'arche. Je viendrai, j'aurai une corne sur la tête : à cela tu me reconnaîtras. Voilà ce que tu devras faire. Salut ! Je m'en vais. Ne mets pas en doute ma parole !"

Manu répondit : Ainsi je ferai !

Puis, après s'être salués, ils s'en allèrent tous deux où bon leur semblait.

Alors, Manu, avec toutes les semences que lui avait indiquées le poisson, navigua dans sa belle arche sur l'océan qui débordait.

Manu évoqua le poisson et celui-ci, devinant l'appel, arriva à toute allure, une corne sur la tête. Manu aperçut, haut comme une montagne dans les flots de l'océan, le poisson portant, comme il l'avait dit, une corne sur la tête. Alors, Manu fixa l'amarre tressée à la corne sur la tête du poisson.

Le poisson, accroché à l'amarre, tira vigoureusement l'arche sur les eaux salées. Avec l'arche, il traversa l'océan qui dansait de ses vagues et grondait de ses flots. Poussée par les grands vents, l'arche vacillait en tous sens sur l'immense océan comme férue de paille. La terre, l'horizon, les points cardinaux avaient disparu. Tout l'espace et le ciel n'étaient qu'eau. Et dans ce monde ainsi bouleversé, n'existaient plus que les sept Grands Anciens, Manu et le poisson.

Ainsi, le poisson tira l'arche pendant de nombreuses années sur l'immensité des eaux (d’où l’intérêt des semences… congelées !). Il la tira jusqu'au seul sommet de l’Himalaya qui dépassait.

Puis, souriant, il dit aux Grands Anciens : "Amarrez l'arche sans tarder à ce sommet de l’Himalaya." Ce qui fut fait.

Sache, qu'aujourd'hui encore, ce sommet le plus élevé de Himalaya est appelé "l'amarrage de l'arche".

Alors Brahmâ dit aux Grands Anciens :

- Je suis Brahmâ, le maître des créatures; il n'y a personne au dessus de moi. Sous la forme d'un poisson, je vous ai sauvé de ce désastre. Par Manu doivent être créés toutes les créatures, les dieux, les démons et les hommes, tous les mondes, ce qui est mobile et ce qui ne se meut pas.

Grâce à une sévère ascèse, il saura les imaginer, grâce à ma bienveillance, il ne fera pas d'erreurs. (imaginez qu’il mêle les semences !)

À ces mots, le poisson disparut en un clin d'œil. Et Manu lui-même se mit à la tâche pour créer les êtres.

Mais il ne savait pas comment les créer. Il entreprit une grande ascèse et tout en continuant cette ascèse, Manu se mit à créer directement, selon les règles, toutes les créatures. »

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Notes :

1 – Apocalypse : « révélation de la chose cachée ». Même origine que « Calypso », « celle qui cache » … Ulysse !

2- Mârkandeya, alter ego de Saint- Jean.

3- Manu : même racine que « man, mann, manouche ».

Prochain épisode : Le retour d’Arjuna sur terre.

Bon dimanche à tous … du moins ceux qui sont arrivés jusqu’ici ;)

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 12 novembre 2006

 

 

 

  Bonjour à tous!!! êtes-vous prêts moralement pour la suite?

Petit rappel ! 

Les Pandava continuent leur « petite ballade » dans la forêt, à l’exception d’Arjuna qui prend du bon temps chez papa Indra. Yudishou (hé hé qui a donné ce pseudo encore ?), le chef de bande, se plaint de son malheur, son grand malheur ! Le sage auquel il se plaint, afin de l’encourager à tenir bon, lui raconte l’histoire d’un roi qui après avoir vécu de grands malheurs a retrouvé le bonheur ! (L’histoire de Job quoi !)

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  Le roi de Nishada Nala est doué de toutes le qualités, de plus il est beau etc etc…. c’est comme dans les contes !! Pourtant il aime jouer au dés, mais ce qui le sauve c’est qu’il n’est pas tricheur !! ça existe Lili, tu vois ! Comme par hasard, il se trouve quelque part, une femme du nom de Damayanti, de beauté rayonnante… et rien qu’en entendant les louanges qui lui sont faites, Nala en tombe amoureux.

 Soupirs de l’amoureuse Damayanti 

Ils en viennent à échanger quelques SMS .. non non je me trompe d’époque !! ils se rencontrent en cachette, comme Pyrame et Thysbée des légendes grecques, à l’insu donc de leurs parents. Une oie, bonne fille (ou entremetteuse) leur sert de messager, (alors que nos hellènes se parlaient au travers la fente d’un mur mitoyen !). Mais voilà,  la fifille se languit loin de son namoureux !! et le papa en voyant ces soupirs à longueur de journée et même de nuit, … se dit qu’il est temps de marier la petite !! Il prépare une fête ( comme pour Draupadi… l’histoire bégaye, je vous l’accorde !!)  pour lui trouver un beau parti!

 

 Les prétendants

 

 Le papa invite tous les prétendants de sang royal, mais voilà qu’un messager des dieux invite Indra et 3 autres de ses potes dieux également, ( Agni, Varuna et Yama. Notez que le premier est l’Agni gréco-perse et Varuna est l’équivalent d’Uranus !!  ) qui descendent immédiatement sur terre pour cette occasion. En route ils rencontrent comme par hasard Nala et apprennent qu’il fait partie des prétendants. Les dieux décident de laisser tomber, mais comme ils sont facétieux, ils veulent mettre Nala à l’épreuve (comme notre pauvre Job !!) en lui demandant de porter une missive à la belle. Nala accepte mais ne connaît pas le contenu du poulet. Il aurait pu…. éventrer ledit poulet pour …éventer les oracles, mais on sait qu’il est vertueux, alors... Il apprend au dernier moment ce qu’il doit faire, demander à la promise de choisir un des quatre dieux après avoir fait leurs éloges !!  Damayanti après avoir pris connaissance du message, toujours follement amoureuse de Nala, ne veut rien entendre, plutôt en finir de cette vallée de larmes si elle ne peut avoir son Nala !

 

  Choix du prétendant

 

 La fête est organisée malgré tout, et le jour du choix, les quatre dieux en concurrence avec Nala, prennent la forme de ce dernier ! Voilà Damayanti face à 5 sosies ! Le choix devient… cornélien ? Mais nous savons ou nous sommes censés savoir que les dieux sont comme les fantômes, ils ne transpirent pas, ils ne clignent pas des yeux, la poussière ne leur colle pas aux pieds, car ceux-ci ne touchent pas le sol, .. alors que la guirlande sur la tête de Nala se fane… il y a donc suffisamment  d’indices pour la future épousée fasse le bon choix. Les dieux s’inclinent, pour une fois, de bonne grâce et retournent chez eux.

 

  Furie de Kali

 En chemin les quatre recalés rencontrent Kali, qui mis au parfum se fâche en apprenant que la princesse a préféré un homme aux dieux ! odieux !! Il ne décolère pas et monte un plan pour dépouiller Nala de son royaume et lui prendre son épouse. Il va donc chez Nala et « investit » (ou prend possession de) son corps afin d’exécuter son plan.

 

  Encore des parties de dés.

 Nala qui n’est donc plus lui-même, organise des parties de dés (ça ne vous rappelle rien !!) avec son frère Pushkara. Il perd bien sûr tous ses biens, mais contrairement à Yudhichou, il ne joue pas son épouse, même si son frère le tente. Ruiné, il quitte son palais, suivi de Damayanti.

 

  Exil de Nala et son épouse

 En route il se désole, mais c’est trop tard car « l’arbre est devenu bateau !! » (prov. des voisins chinois), d’avoir entraîné son épouse dans la misère. En route des oiseaux facétieux .. lui volent son unique tunique et le voilà nu !! Son épouse, grande princesse, partage la sienne avec lui !! Ils s’endorment après bien des aventures et de fatigue.

 

 Fuite de Nala et abandon de l’épouse

 Mais Nala, trop fier pour aller demander secours auprès de Bhima, abandonne  son épouse une nuit pendant son sommeil. Elle se réveille furieuse part de son côté. Elle croise le chemin d’un serpent et un homme qui passait par là lui porte secours mais veut …profiter de la situation !! Une femme seule, quelle aubaine ! Mais c’est que Damayanti a un pouvoir particulier… elle réduit en cendres son agresseur par son regard (Gorgone ?) !! Elle erre d’ermitage en ermitage…

 

 Nala nanifié, apprentissage du jeu des dés

 Nala  continue également à errer et dans ses péripéties et sauve d'un incendie le roi des serpents. Mais ce dernier mord Nala qui change d'aspect et devient un nain difforme ! En réalité, le venin a pour effet de chasser Kali du corps de Nala, souvenez-vous, après la colère de Kali. Sous son format jivaro-isé, il s’en va apprendre la science des dés auprès du roi Rituparna afin de regagner son royaume, le roi lui offre vêtement magique qui lui permettra de retrouver son aspect initial le moment opportun.

 

 Recherche mutuelle des époux

 Pendant tout le temps que dure l’errance de Damayanti, celle-ci est méconnaissable, alors comment pourra-t-elle reconnaître Nala dans le nain, et réciproquement, comment Nala pourra-t-il reconnaître son épouse dont le visage est émacié ? Ce sera fait grâce à un message codé…genre  « tea for two and two for tea… »  En route, elle est reconnue par un brahmane qui apporte la nouvelle à une reine qui se révèle être la tante de Damayanti !! Elle va aider cette dernière à retrouver son mari. Nala, toujours nanifié mais sous un pseudo, se met au service du roi Rituparna comme prévu, il lui apprend l’art des chevaux, et le roi lui apprend la science des dés, ce qui a pour effet immédiat d’expulser Kali de son corps.

 Nala retrouve son épouse

 Après quelques allers et retours, échanges de messages, un brahmane signale à  Damayanti que le nain lui a rapporté le message codé. Ce nain serait-il Nala ? Pendant ce temps, le père de l’épousée veut remarier sa fille. Finalement, après quelques quiproquos, les mariés se reconnaissent. Nala revêt son vêtement magique et retrouve sa forme initiale, de beau prince.

 

 Nala regagne son royaume

 

 Nala retourne à Nishada, son ancien royaume. Il propose à son frère Pushkara de jouer le royaume soit aux dés, soit en un duel. Pushkara choisit bien sûr les dés. Mais Nala fort de sa nouvelle science joue et gagne. Grand … Prince il laisse la vie sauve et les richesses à son frère et se réconcilie avec lui, car le seul fautif était Kali qui voulait se venger pour n’avoir pas été invité au mariage. Tout est bien qui finit bien Willy….dans le meilleur des mondes ! Wells !!

 

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 Quelques tours de magie dans cet épisode !!

 

 La porte à ouverture automatique était décrite déjà dans le Mbh : Nala sous sa forme « nanique » est doué de magie. La princesse le fait espionner et que voit l’espion ? Nala n’a pas besoin de se baisser (il est nain certes !!)  pour passer sous une porte basse, c’est la porte qui s’élève. Des portes étroites s’élargissent pour le laisser passer.

 

 Les noces de Cana : Les récipients de cuisine se remplissent d’eau par un simple regard du nain !! (pratique non ?)

 

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 Prochain épisode, « le déluge indien ». Bien que ce déluge soit spécifique au mode indien, on ne manquera pas de trouver des similitudes avec le déluge biblique !! Comme quoi hein, les cultures  s’entrechoquent sans nous choquer si nous sommes capables d’ouvrir nos yeux et notre esprit ! Une petite remarque toutefois, je fais un petit saut dans le temps en présentant cet épisode, mais comme c’est une histoire dans la grande histoire, elle peut être racontée à n’importe quel moment. D’ici là… bonne semaine !! 

 

Nala et Damayanti 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 5 novembre 2006

 

 Coucou à tous mes ... lecteurs et surtout à mes .... Lectrices!! hé hé

Me revoilà, pour ceux qui aiment le croisement des … cultures ! car « La jeunesse qui se borne au logis a toujours l’esprit  borné » W.S. Mais pas seulement la jeunesse !! Ne ris pas Dragonne !! mdrr

Résumé rapide …. les Pandava et leurs accompagnateurs sont exilés dans la forêt pour 13 années. Arjuna part chercher du secours chez son père Indra et laisse le reste de la troupe en plan.

 

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 Prise en main du char et des armes :

 

  

  Arjuna est au ciel auprès d’Indra et ce dernier met son char…. d’assaut à sa disposition, y compris tout toute la panoplie qui y est empilée. Parmi ses armes, on y trouve des serpents (tiens on se croirait dans les mythes nordiques, grecques ou dans Conan le barbarian !!) , des éclairs, des ouragans, des foudres… Le char lui-même est impressionnant avec son attelage de 10.000 (1) chevaux blancs (symbole du .. vainqueur, encore de nos jours !). Particularité de ce char : il n’a qu’un seul attelage et qu’un seul cocher du nom de Mâtali. En réalité (je ne sais pas si c’est le bon terme… on est en plein SF !!), ce char est virtuel, car il n’existe que par la magie d’Indra et Arjuna n’aura en cas de besoin qu’à l’invoquer pour qu’il apparaisse. Rien de tel pour leurrer ses ennemis et c’est bien pratique !! Le cocher emmène faire faire un tour à Arjuna afin de lui apprendre la conduite de cette grosse cylindrée et éviter ainsi le sort de ce pauvre Phaéton (là je…. dérape, c’est la mythologie grecque !!). Le spectacle lors de la traversée des régions célestes est d’un réalisme à faire  pâlir les astronautes actuels :  la route prise les rend invisibles aux  mortels, ils rencontrent des milliers d’autres chars, le soleil et la lune ne sont plus visibles tellement ils sont éloignés d’eux….

De retour à la maison de son papa, c’est-à-dire le ciel ou ce qu’on pourrait appeler « paradis », car on y trouve les personnes qui ont eu une « bonne  conduite » sur terre, pas les misérables qui ont bu de …. l’alcool, qui ont souillé la couche de leur maître, les méchants … (ça rappelle l’ AT ! non ?). Indra installe Arjuna auprès de lui, sur son siège, le voilà un autre Indra (c’est un peu l’archange Michel= « égal de dieu » ?). Des offrandes leurs sont faites, on leur apporte l’eau pour les pieds et l’eau à boire ! (Cf le Christ, légende arthurienne). Le séjour là-haut est plutôt agréable mais Arjuna n’arrive pas à retrouver la paix en pensant au jeu de dés pipés ! et au reste de sa famille restée dans la forêt. Il est envahi par la mélancolie…

 

Une charmante rencontre…l’apsara Urvasi

 Vous vous souvenez des apsaras (les jolies nymphes célestes) chargées souvent par les dieux de détourner les ascètes qui menacent leur pouvoir. Arjuna fait la connaissance d’une de ces apsaras dénommée Urvasi. Au premier regard, Arjuna est conquis par cette créature ! Urvasi l’est plus encore et la voilà se toilettant pour rendre visite à son coup de coeur. Arjuna reçoit Urvasi, toujours aussi troublé, surtout quand la femme lui déclare tout de go ce pourquoi elle est venue. Il n’en croit pas ses oreilles et pense qu’elles  (les oreilles) le trahissent si bien qu’il les bouche ! « Puissé-je avoir mal compris ce que tu dis. Femme au beau visage (notre Calliope chez les hellènes !) j’ai pour toi le même respect qu’on doit avoir pour la femme de son maître. … tu es supérieure à ma mère » ! Comme Arjuna résiste (pour une fois !!) Urvasi lui jette un sort !! « tu vivras parmi les femmes comme … danseur, tu seras eunuque » !  Arjuna touché son orgueil d’homme va se plaindre auprès de son papa. Et Papa n’est pas le dieu Indra pour rien, il lui promet qu’au bout de la treizième année, à la fin de l’exil, il retrouvera « son intégrité » !! car certains sorts ne sont pas …. durables !! (mot redevenu à la mode !!) 

 

Rébellion chez Indra :

 Des asura (démons, adversaires des dieux- cf les Titans contre  Zeus, n’est-ce pas Dragonne ?), se rebellent (comme certaine tignasse !!mdrrr) et pensent pouvoir tuer les dieux dont Indra et prendre leurs places de …Calife !!. Ce dernier pourrait demander à Vishnu de s’occuper de ces révolutionnaires en culottes courtes, mais sa puissance est telle qu’elle pourrait détruire l’univers tout entier. Alors Indra se tourne vers son fils et lui demande d’aller combattre la rébellion, étant donné qu’il a reçu une formation de guerrier et qu’il dispose des armes de son père. Histoire de se faire la main, car les cousins (Karauva) ne perdent rien pour attendre.

 

Retombées des nouvelles d’Arjuna sur terre.

 Dhritarâshtra apprend de Vyâsa qu'Arjuna a rendu visite à Indra ainsi que ses hauts faits et gestes  chez son papa. Il comprend alors que ses fils (Karauva) n'ont aucune chance s'ils devaient affronter leurs cousins (Pandava), car Arjuna muni des armes divins est invincible, pensez donc, il a même combattu Shiva-le destructeur himself ! Dhritarâshtra accuse Karna (il faut un responsable…) qui par ses paroles injurieuses envers les Pandava et surtout Draupadi a aggravé la situation. Il ne se fait pas d’illusion, selon lui, les … dés sont jetés !

 Il prend des nouvelles des autres frères restés dans la forêt ainsi que accompagnants, sur leur façon de vivre…. chasse, cueillette,… Mais les frères d’Arjuna, Yudhichou en tête, l’homme à la droiture inflexible, qui doit contenir la colère de Draupadi et la fougue de Bhima,…..toujours  dans la forêt s'inquiètent de ne pas le  voir revenir……

 

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      Cette fois, la longueur du texte est honnête !! quoique…  La prochaine fois, je vous raconte une histoire dans l’épopée comme il y a tant, l’Histoire du roi vertueux Nala !

  Note :

 1- 10.000 ou 10 à la puissance 4 : symbolique pour exprimer un grand nombre, comme les 1000 étoiles de l’univers dans la Bible.

 Bon dimanche ou ce qui en reste!!      

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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« Pour le sage, la tristesse et la joie se ressemblent, le bien et le mal aussi. Pour le sage, tout ce qui a commencé doit finir. Alors, demande-toi si tu as raison de te réjouir de ce bonheur qui t'arrive, ou de te désoler de ce malheur que tu n'attendais pas. »
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