Petite précision ou correction… sur un précédent com !
Bien que la guerre se soit déroulée vers 2000 ans avant notre ère, le Mahabharata est une immense (et le mot est bien faible) compilation de récits oraux à l'origine, une œuvre collective qu'on attribue au mystique Vyasa (notez bien ce nom, car ce personnage intervient souvent dans le récit) et qui aurait pris forme entre le IVe siècle avant notre ère et le IVe siècle de notre ère, et aurait été constamment remaniée par différents auteurs. (Il n’a donc pas été écrit 2000 ans avant notre ère !!)
On peut faire le parallèle avec Homère qui rédigea l’Iliade vers le 8 ème siècle avant notre ère alors que la guerre de Troie a eu lieu vers le milieu du 13 ème siècle avant notre ère. Autre parallèle et non des moindres, c’est l’intervention des dieux aux côtés des guerriers !! Mais ces interventions dans les deux cas sont des ajouts tardifs à l’histoire principale.
Pour revenir au Mahabharata, après la présentation des Pandava, voici les Kaurava ou les cent fils de Dhrtarastra. Un parallèle encore avec l’Iliade, on peut comparer le chiffre cent avec les cinquante fils de … Priam, roi de Troie !!
Que pourra-t-on voir dans ce passage ? les naissances in-vitro !
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Un jour, Vyasa vint chez Gandhari complètement épuisé par la faim et la fatigue. Gandhari prit soin de lui et il fut fort satisfait. Vyasa lui accorda alors un vœu. Elle lui demanda la faveur d’avoir cent fils semblables à son époux.
Au bout d’un certain temps, elle devint enceinte de œuvres de Dhrtarastra mais elle porta pendant deux ans l’embryon qu’elle avait conçu sans qu’il y eût naissance. Alors, elle fut plongée dans l’affliction en apprenant que Kunti avait eu un fils éclatant comme le soleil levant. Constatant que son ventre demeurait inerte, elle se mit à réfléchir et à l’insu de Dhrtarastra, égarée par le chagrin, elle frappa son ventre de toutes ses forces. A ce moment naquit une masse de chair dure comme une boule de fer. Gandhari s’apprêtait à jeter cette masse qu’elle avait portée en elle pendant deux années, lorsque Vyasa, qui avait compris ce qui s’était passé, arriva en toute hâte. Cet excellent homme de prières aperçut la masse de chair et dit à la fille de Subala :
- Que t’apprêtes-tu donc à faire ?
Dévoilant le fond de sa pensée, elle s’adressa ainsi au plus grand des sages :
- En apprenant que Kunti avait eu un premier-né lumineux comme le soleil, j’ai été prise d’un chagrin immense et j’ai donné des coups sur mon ventre. En vérité, tu m’avais longuement parlé des cent fils que j’aurais dû avoir et voici qu’au lieu de cent fils, il m’est né cette masse de chair.
- Il en sera ainsi, fille de Subala, dit Vyasa, et il ne pourrait certes en être autrement. Je n’ai jamais parlé en vain, fût-ce des choses sans importance, à plus forte raison dans ce cas. Que l’on m’apporte cent jarres de beurre clarifié (ghee) et qu’on les garde dans des endroits bien cachés. Puis, que l’on arrose d’eau froide cette boule de chair.
Quand la boule fut aspergée, elle se divisa en cent morceaux et, comme il convenait, elle donna successivement cent embryons de la taille d’un pouce du fait du bouleversement du temps. Alors, Ghandari mit ces embryons dans des jarres et les garda dans des endroits bien cachés. Le bienheureux lui dit d’ouvrir ces jarres quand dans un temps égal à celui de la gestation se serait écoulé.
Le temps venu naquit de l’une de ces jarres le prince Duryodhana. Selon l’ordre des naissances, le roi Yudhisthira était son aîné. On annonça la nouvelle de cette naissance à Bhisma et au sage Vidura. Le jour même où naquit l’orgueilleux Dyrhyodhana, naquit aussi le vaillant Bhima. Le fils de Dhrtarastra n’était pas plutôt né qu’il se mit à vociférer et à braire comme un âne ; les ânes des alentours lui répondirent ainsi que les vautours, les chacals et les corbeaux. Des vents se mirent à souffler et tout l’horizon s’embrasa. Effrayé, le roi Dhrtarastra rassembla de nombreux brahmanes, Bhisma, Vidura et ses autres amis de même que tous les Kuru et il leur dit.
- Le prince Yudhisthira est le premier-né et il est destiné à perpétuer notre lignée. De par ses propres vertus, la royauté lui revient ; nous n’avons rien à dire là-dessus. Mais mon fils né tout de suite après deviendra-t-il roi lui aussi ? Dites-moi clairement ce qu’il doit en être en vérité ?
Il avait à peine fini de parler que l’on entendit de partout les cris funestes des chacals et des épouvantables bêtes mangeuses de chair crue. Devant ces terribles présages venus de toutes parts, les brahmanes et l’intelligent Vidura lui dirent :
- Ô souverain des hommes, de sinistres présages se sont manifestés dès que ton fils aîné a vu le jour. Il est clair que ce fils causera la perte de notre lignée. Son abandon conjurerait ce malheur, le garder serait une erreur énorme. Il te restera quatre-vingt-dix-neuf fils : renonce donc à cet unique enfant si tu veux préserver ta lignée de cette calamité. Assure ainsi la sécurité des tiens et du monde. Un simple individu doit être abandonné au profit d’une lignée, de même une lignée dans l’intérêt d’un village, un village dans l’intérêt d’une contrée et la terre elle-même dans l’intérêt de l’atman.
Mais le roi, plein d’amour pour son fils, ne suivit pas les recommandations de Vidura et de toutes les excellent deux-fois-nés.
Un mois après les cent fils de Dhrtarastra étaient complet ; le cent unième enfant était une fille.
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