Dimanche 22 juillet 2007

Bonjour aux amoureux d’étymologie !!

Aujourd’hui, ce sera un petit article afin d’entretenir les neurones !!

 

Lien entre l’anglais « score », l’impôt de la « taille » et le personnage de la prohibition appelé Scarface ?


Un apprenti bûcheron au travail!
 

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Le mot anglais Score a entre autres significations :

- Eraflure, entaille, encoche, strie, rayure

- Trait ou marque (de repère)

- Nombre de points (lors d’un match)

- Vingt, vingtaine.

………


Il est apparenté :

A l’ancien nordique ou viking, skor (marque, taille)

Au très ancien allemand skura, avec les mêmes significations

Au proto-indo-européen sker, qui a donné le radical kirt, couper en morceaux.




Et quel lien entre ce score et la taille ?

 

L’impôt prélevé autrefois par les seigneurs et les rois de France sur leurs sujets portait le nom de taille, car les collecteurs avaient usage de marquer sur une petite taille de bois par des entailles ou encoches sur ce bois ce que les manants de contribuables avaient donné.

En Grande Bretagne, jusqu’au début du XIX ème siècle, sur des bâtons entaillés, des encoches –tally, pluriel tallies- plus ou moins profondes représentaient une, dix, cent … livres. Une sorte d’ardoise.

Toujours au Royaume Uni, le bois se conservant mal avec le temps, les petits rongeurs et les vers ont soustrait des sommes faramineuses des comptes de la monarchie ! Des petits malins avaient proposé à ce que tout ce bois soit utilisé comme bois de chauffage !

Si vous lisez en littérature anglaise « two scores and ten », c'est synonyme de fifty soit cinquante !


Enfin, un personnage très connu et qui a existé, pas seulement dans les films, Scarface (le Balafré) connu sous l’autre nom d’Al Capone, car il portait les traces d’un coup de cutter au visage !! Le radical scar vient de scor.


L'ai-je bien taillé?
Mais c'était bien fatigant!!!

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Bonne semaine à tous !!

par Alain publié dans : Etymologie, langues
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Samedi 14 juillet 2007

Bonjour à toutes et à tous !! 
  

Nous allons nous amuser encore en nous ………cultivant, ou bien le contraire ! Ludique avait dit asaheim lol 
  

Pour cet article, je reste toujours dans la droite file du précédent même s’il ne s’agit pas de couture et de broderie ou encore de défilé même si le jour est tout indiqué ! 
 


Quel lien y-a-t-il entre les mots filum (latin), file (anglais) et fichier (français) ? L’idée de l’article m’est venue de la pièce de Maître Shakespeare (toujours lui, inépuisable !!), « Tout est bien qui finit bien ». Ce sera l’occasion d’une petite leçon d’anglais pour Nina lorsqu’elle aura retrouvé son ….bourrin dévirusé et Roanne !!
 
  

 

 

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Les frères Dumaine échangent les dernières nouvelles : le comte Bertrand qui a séduit une jeune Florentine, a reçu une lettre de sa mère…. Ici, Paroles, le compagnon de Bertrand, le débine lors d’un interrogatoire, voici le passage :
 
 

 

Paroles : Pour le duc, ce n’est qu’un officier minable sous son commandement, et il m’a écrit l’autre jour pour que je l’éjecte de ma compagnie. Je crois que j’ai sa lettre dans ma poche.

L’interprète : Ma foi, on va regarder.

Paroles : Très sincèrement, je ne sais pas. Ou bien elle y est, ou bien elle est dans sa tente, classée (sur un fil) avec les autres lettres du duc.

- The duke knows him for no other but a poor officer of mine; and writ to me this other day to turn him out o' the band: I think I have his letter in my pocket.

- Marry, we'll search.

- In good sadness, I do not know; either it is there, or it is upon a file with the duke's other letters in my tent.

 

 


Le latin filum, dans le sens actuel de fil, corde, a donné en moyen français (XVI ème S.) filer, signifie mettre, accrocher sur un fil, puis en passant à l’anglais file, avec une signification similaire, accrocher des documents sur un fil (comme le linge).

 
 
Mais pourquoi à cette époque accrocher ou suspendre des documents, des feuilles, … à des fils ?
 
C’était tout simplement le seul moyen efficace pour préserver lesdits documents papier notamment des petits rongeurs, de l’humidité, … et lors d’une campagne militaire, sous la tente, les documents étaient beaucoup plus exposés encore. 


A cette époque, les bibliothèques tenaient à distance les rongeurs en recrutant des bibliothécaires (to take care !!) annexes en la personne des…. félins ! comme sur les bateaux d’ailleurs. 

 

Pendant qu’on y est, un mot sur l’expression « marcher sur un fil ».

Cette expression est principalement utilisée pour qualifier une démarche féline, démarche où le minou balance alternativement la patte avant droite vers la gauche, puis la patte avant gauche vers la droite, si bien que ses coussinets ont l’air de suivre un fil… imaginaire. D’où en anglais le terme « catwalk » pour désigner la démarche des mannequins, copiant celle des félins. Notons que les…. ânes également, mais les ânes quadrupèdes lol, marchent sur un fil, quand ils veulent bien marcher ! 

 
Beaucoup d’autres expressions ont les mots fil ou file, comme « marcher en file indienne », le fil du rasoir….
 


Ne perdez pas le fil et à bientôt !

 

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Pour illustrer cet article, j’ai mis à contribution un personnage que j’aime beaucoup !! M’enfiiin ! Merci Mr Franquin !

 

 

par Alain publié dans : Etymologie, langues
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Samedi 7 juillet 2007

Bonjour à toutes et à tous !

Une journée jardin où le livre était absent ! Pourtant je vais parler de livres, de bouquins et books (livres dans la langue de Shakespeare) avant qu’ils ne soient remplacés par l’écran !


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Tout d’abord, certains ont reconnu dans le titre un petit clin d’œil à John Steinbeck et son roman « Of mice of men » (Des souris et des hommes), tout ça histoire de mettre le mot chat dans le titre !! Alain-corrigible ;)) 
   
  

Le mot livre vient du latin liber, fin du XI ème siècle, terme qui désigne la pellicule qui se situe entre le bois et l’écorce extérieure, pellicule sur laquelle on écrivait avant la découverte du papyrus. Par extension ou métonymie, le terme a désigné l’assemblage de ces pellicules ou feuilles que l’on connaît actuellement sous le nom de livre. 
  

  

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Quant à la Bible, appelée également « Livre des Livres », elle tire son nom de la ville Phénicienne Byblos ou Biblos connue dans ladite Bible sous le nom de Guébal. Le mot Byblos désignait également le papyrus, la plante, qui était une spécialité de la région. Les feuilles tirées de cette plante et les écrits allaient prendre le nom générique de livres, ta biblia (tα βιβλία) en grec, mot qui a donné bibliothèque entre autres.
 
  
  

Le mot bouquin est apparu à la fin du XVI ème siècle avec des parrains européens, issus eux-mêmes de bôkâ qui signifie hêtre. Le bois du hêtre servait à faire les tablettes sur lesquelles on inscrivait les runes, ancien alphabet de certaines langues germaniques, (l’écriture runique pourrait faire l’objet d’un autre article !).

De bôkâ sont issus :

Le néerlandais boec, diminutif de boekelkijn

Le vieil anglais boc,

L’ancien haut allemand buch,

L’ancien norrois bok



Une petite curiosité, le nom de l’animal bouc vient du bas latin bousquinus, signifie « qui porte des bois », a bien un lien avec book.

  

Je dédie cet article à tous ceux qui aiment les livres mais également à ceux qui montrent leur talent d’écriture !

 

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Bon dimanche à tous !

 

par Alain publié dans : Etymologie, langues
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Mardi 3 juillet 2007

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Bonjour à toutes à tous !! 
  

 

J’ai eu l’idée de cet article tout récemment en passant dans ce petit patelin portant le joli (là, c’est subjectif !) nom de Trois-Moutiers, dans la Vienne (86) , je … prêche pour ma paroisse ! 
  

  

D’où vient ce mot et bien d’autres de la même famille ? 
     

 

Le mot latin monasterium, établissement consacré à la prière et au recueillement et de ce fait isolé du reste du monde, a donné monastère dont le radical monos, commun au grec et au latin, signifie « un, seul, unique, … », l’équivalent du sanskrit eka. 
  

  

Les monastères, signes des temps et de grandes croyances, étaient construits un peu partout en France mais également dans le reste de l’Europe, il était alors très facile de désigner un village, une commune, … en faisant y référence. Mais le voyage des mots – ça on le sait sur ce blog depuis belle lurette- dans ces temps reculés auprès d’une population qui ne savait lire ni écrire donnait des résultats quelquefois surprenants. Voici par exemple une liste de noms issus de la transformation ou simplification du mot monasterium qu’on trouve tels quels ou dans des noms composés de toponymes : 
 

Moustier

Moutier, Moutiers, Mouthier

Trois Moutiers, 3 monastères dans un même lieu !

Noirmoutier,

Eymoutiers – étymologiquement « monastère au pied de la colline », patelin que connaît sans doute Nina ! (J’y ai passé de bons moments dans ce coin du limousin, et c’est par là que nous avons trouvé Léonie, minette abandonnée, cherchant désespérément à manger dans les fossés ! )

  
 
En dehors de France, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on trouve :

Munster

Münster

Petit ajout de la part de brodev   :
 

"Et dans le Bas-Rhin (67) il y a Marmoutier avec son abbaye fondée par des moines irlandais...très intéressante à visiter.."
Le terme "mar" signifie "grand" est à rapprocher du sanskrit "maha". 

 

   
   

J’ajoute que le radical monos a donné entre autres, le prénom Monique (du grec « Solitaire Ermite »), le titre Monarque.

  
 
Pour finir un petit proverbe ?

« L’habit ne fait pas le moine » et dans la langue de Willie, « All hoods make not monks »


Bonne continuation et à bientôt ….

…..Et en route pour les vacances, pensez à regarder les panneaux à l’entrée des localités ! 
Une petite photo d'Eymoutiers
 

 

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par Alain publié dans : Etymologie, langues
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Samedi 30 juin 2007

Bonjour à toutes et à tous!

Le commentaire de Lili, élève studieuse, très studieuse même ;) , mais elle n’est pas la seule !! sur ce blog lol, au sujet de apode (qui n’a pas de pieds), m’a donné l’idée de ce petit article. Il s’agit de nommer une chose et son contraire, en somme comme le yin et le yang, le blanc et le noir…..

La première fois que j’ai découvert cette notion de privatif, c’était lors d’un cours de physique/chimie au collège avec le mot azote.


En faisant des expériences sur ce gaz, Lavoisier (qui avait encore sa tête sur les épaules!!) s’aperçut qu’il asphyxiait les pauvres bêtes mises en sa présence. Il lui a donné le nom d’azote, mot créé à partir du privatif a, qui devient an devant une voyelle, qu’on trouve dans beaucoup de langues indo-européennes et de zoê ( zwi ) qui signifie vie en grec. Au passage ce zwi a donné zoo ! 


En sanskrit, tout comme en grec, il est facile d’inventer des mots, mais des mots qui ont un sens, rien que par l’ajout de ce privatif. Voici quelques exemples :


 

Un

eka

aneka

nombreux

Donner

âdâ

recevoir, accepter

Aller

âgâ

venir

Dieu

sura

asura

Démon

 
 
  
Quelques remarques :

On avait déjà rencontré eka qui signifie également « semblable, unique »

On peut noter la ressemblance entre le radical sanskrit et donner et j’ajoute que le prénom Daniel signifie « don de Dieu »

On peut aussi noter le ressemblance entre le radical sanskrit et le verbe anglais to go (aller).

  
Pour finir une remarque au sujet de l’azote. Son ancien nom est nitrogène, d’où son symbole N.

  
  
   

Bon dimanche et à bientôt. Merci pour tous les gentils messages sur l'article précédent, je passe vous rendre une petite visite bientôt!

  
  
 
Voici pour illustrer cet article, le frère et la sœur de Mousseline, adoptés par une amie, par leurs couleurs opposées ont eu comme nom …..Yin et Yang !

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par Alain publié dans : Etymologie, langues
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Philosophie

« Pour le sage, la tristesse et la joie se ressemblent, le bien et le mal aussi. Pour le sage, tout ce qui a commencé doit finir. Alors, demande-toi si tu as raison de te réjouir de ce bonheur qui t'arrive, ou de te désoler de ce malheur que tu n'attendais pas. »
O. Khayam

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