Samedi 3 février 2007

L’ambassade de Krishna n’a pu éviter la guerre entre les 2 clans et ils se préparent à un combat sans merci, jusqu’à leur destruction totale.

Les Pandava ont 7 armées (tiens, le chiffre 7 !) à leur disposition et donc sept chefs. Le général en chef commandant l’ensemble est nommé par Krishna, c’est le frère de Draupadi, l’incarnation d’Agni, le Feu divinisé, celui qui est né pour tuer Drona. Les Kaurava de leur côté dispose de 11 armées, c’est l’aïeul et sage Bhisma qui est nommé commandant en chef.

Les deux armées ont pris position sur le Kuruksettra (champ de Kuru). Le dénombrement des armées est fait et les moyens humains et matériels sont impressionnants. Par exemple du côté des Pandava, on trouve 40 mille chars, 5 fois autant de cavalerie, 10 fois de fantassins, 60 mille éléphants. Mais ces chiffres, au delà de leur importance, sont surtout symboliques. 

La mise en condition des soldats se fait par des échanges de messages entre les deux camps, messages qui provoquent et font monter leur colère mutuelle, (comme la colère d’Achille devant Troie ! mais là c’était à cause d’une femme), avant le combat, pour se donner du courage. Les railleries et les injures fusent de toutes parts ! Le Pandava Bhima est traité de cuisinier (fonction qu’il avait chez Virata), Arjuna est traité d’esclave racheté par son épouse Draupadi…..

Le général en chef des Pandava, l’incarnation d’Agni, assigne à chacun son adversaire. Arjuna à l’arc Gandiva aura en face de lui Karna (son frère aîné), Bhima aura Duryodhana, le prince cupide, … et lui-même le chef affrontera Drona, le brahmane-guerrier.

Le Destin est en marche. Vyasa, le récitant de l’épopée, en voyant les deux clans prêts au combat, annonce au roi aveugle Dhritarastra la perte imminente de ses fils et neveux. S’il veut  assister au combat, Vyasa propose de lui redonner la vue. Mais il refuse de voir ce spectacle. Vyasa accorde alors une faveur à Sanjaya, Héraut de Dhritarastra, en l’envoyant sur le champ de bataille, avec la garantie qu’il pourra tout voir, de jour comme de nuit, les choses visibles et invisibles, les divines comme les humaines, et surtout qu’il ne sera atteint par aucune arme.

Résumer ici toute la bataille serait long et fastidieux, alors je me limite à quelques passages de ces 18 jours de guerre (sélection subjective et arbitraire !) aux multiples rebondissements. Notons que Krishna, bien que ne prenant pas une part active dans la guerre, il est le cocher d’Arjuna, lui donne des ordres pour le mener à la victoire.

Bhisma le sage aïeul refuse de combattre plus longuement Arjuna, il se « sacrifie » :

 Après un dur combat sans issue possible entre Arjuna et Bhisma, ce dernier décide d’arrêter le combat.   

 « Avec un seul arc, je serais incapable de tuer tous les Pandava s’ils n’étaient protégés par le très puissant Krishna. Je ne combattrai plus les Pandava et ceci pour deux raisons : leur invulnérabilité et la nature féminine de Sikhandin (Amba, son ancienne amoureuse, qui veut se venger). Autrefois, quand mon père a épousé Kali, il a été satisfait de moi et m’a accordé la faveur de ne mourir que de mon plein gré ainsi que celle de ne pas pouvoir être tué au combat. Je pense donc que je dois mourir, il semble que le moment est venu ».

Arjuna et ses partisans transpercent Bhisma, toutes les flèches reçues lui font un lit sur lequel il repose, mais il a toujours son souffle vital, car lui seul choisira le moment de sa mort. 

Arjuna refuse de se battre contre le vieux roi Bhagadatta. Mais dernier persiste à se battre en faisant appel a des armes magiques. Arjuna sous le flots d’armes magiques du vieux roi ne peut que répliquer.  

Arjuna au bras puissant et au grand dessein envoya une flèche de fer au milieu du front de l’éléphant.  La flèche atteignit l’animal comme la foudre frappant une montagne et pénétra son corps jusqu’à l’empennage, tel un serpent entrant dans une termitière. Bhagadatta ne cessa d’exciter son éléphant mais celui-ci refusa de lui obéir comme la femme d’un pauvre homme à son époux. Alors Kasava dit au porteur de l’arc Gandiva :

- Ce puissant héros extrêmement difficile à vaincre est tout grisonnant. Ses yeux cernés de rides se ferment. Pour les garder ouverts, il s’est attaché un bandeau sur le front. 

Arjuna déchira tout d’un coup le bandeau à l’aide d’une flèche et dès qu’il fut déchiré, les yeux de Bhagadatta se fermèrent et le monde ne fut que ténèbre. Alors le Pandava lui planta une flèche en plein coeur. 

Arjuna à la poursuite de Drona et les flèches magiques :

Le puissant Arjuna, parant de tous côtés les armes ennemies à l’aide des siennes, eut tôt fait de les couvrir tous d’une quantité de flèches. La friction de cette multitude de traits entrant en contact dans l’espace y alluma un feu aux flammes immenses. 

Mort de Jayadratha ou Saindhava, roi des Sindhu.

Comme le soleil déclinait rapidement, voici ce qu’ordonne Krishna à Arjuna :

Jayadratha, terrorisé s’est entouré de six héroïques grands guerriers et ne pense qu’à sauver sa vie. A moins de vaincre d’abord ces six guerriers à char, il est impossible de tuer le Saindhava sans user de subterfuge. Je vais donc ruser de subterfuge. Je vais recourir au yoga pour cacher le soleil. Sûrement, le roi des Sindhu croira que la nuit est tombée et sera seul. Ce méchant qui ne cherche qu’à préserver sa vie sera soulevé de joie et ne se protégera plus pour te tuer. Tu devras profiter de cette occasion pour le frapper, sans prendre en considération le coucher du soleil. 

Coupe la tête du méchant Saindhava ! Le soleil est sur le point de disparaître derrière l’excellente montagne du couchant. Ecoute ce que je vais te dire au sujet du meurtre de Jayadratha. Le père du Saindhava, Vriddhaksttra, attendit longtemps la naissance de son fils Jayadratha. A ce moment, une voix incorporelle, invisible et profonde comme le grondement de tonnerre et des tambours annonça au roi : «  Ton fils sera doué des vertus des deux dynasties : la haute naissance, la bonne conduite, la domination de soi et d’autres encore. Il deviendra en ce monde un éminent ksatriya (guerrier) et les héros ne cesseront de lui rendre hommage. Mais pendant un combat, un taureau des ksatriya furieux, un ennemi comme on n’en a jamais vu sur terre, lui coupera la tête. » A ces mots, le roi des Sindhu resta songeur. Inspiré par l’affection qu’il portait à son fils, il dit alors devant toute sa famille : «  Celui qui fera tomber à terre la tête de mon fils tandis qu’il combattra en portant un lourd fardeau fera à coup sûr éclater sa propre tête en cent morceaux. … »

Par conséquent, lorsque tu décapiteras Jayadratha dans la grande bataille, utilise cette arme divine, effroyable et prodigieuses, pour envoyer sa tête ornée de boucles d’oreilles sur les genoux de son père Vriddhaksatrra. En effet, si tu faisais tomber sa tête par terre, ta propre tête éclaterait à coup sûr en cent morceaux. Aie recours à cette arme divine et agis de telle sorte que le roi, occupé à ses austérités ne s’aperçoive de rien. Dans les trois mondes réunis, rien ne t’est impossible à

maîtriser ni à accomplir ! »

C’est ce que fit Arjuna. Après avoir décapité Jayadratha, il fit voler sa tête grâce à des flèches servant de support jusqu’aux genoux du roi qui était en pleine prière. Il ne put voir le fardeau  macabre et le fit tomber tandis que sa tête éclatait !

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J’arrête ici, car ça commence à devenir un peu long, mais attention, il y aura bien 2 ou 3 autres épisodes pour relater la suite de la guerre !

D’ici là bon dimanche et bonne semaine à  tous. 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 7 janvier 2007

Salut à tous…..Alors on continue ?... ça paraît long, mais Krishna hé hé sait que je raccourcis (pas moi !!) un maximum. Mais comme j’avais promis à Roanne, certaines histoires qui jalonnent l’épopée pourront faire l’objet d’articles indépendants, plus tard !!

 

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Les douze années d’exil suivies de l’années de vie incognito sont terminées et conformément à l’accord passé entre les Kaurava et les Pandava, ces deniers viennent réclamer leur dû, c’est-à-dire leur royaume qui avait été joué et perdu suite à des parties dés pipés. Le roi Dhritarâshtra que l’on sait aveugle de naissance, n’arrive pas à convaincre son fils Duryodhana, le  prince héritier. Ce dernier, avide de pouvoir, cupide, a une puissante armée et beaucoup d’alliés et veut garder leur royaume et toutes ses richesses. Il pense que sa puissance le protègera de toute attaque venant des cousins.

De leur côté, au bout de l’exil, les Pandava ne représentent qu’eux-mêmes, ils ont peu d’alliés même s’ils ont des fidèles comme le roi Virata et son peuple des Matsya. 

Dhritarâshtra qui a toujours eu peur pour son fils Duryodhana, « voit » pourtant que l’entêtement de ce fils face à la droiture (Dharma) des Pandava ne peut mener qu’à la perte de Kaurava. 

Arjuna et Duryohana recherchent de l’alliance de Krsna.

 

Les cousins Arjuna et Duryodhana vont trouver Krishna à Dvaraka, lieu où il réside à ce moment. Là, ils le  trouvèrent endormi. Pendant que Krishna dormait,  Duryodhana entra et s’assit à la tête du lit de Krishna  sur un siège de choix. Puis, Arjuna entra à sa suite et se tenant au pied du lit de Krishna, s’inclina en joignant les mains (1). Krishna s’éveilla et vit d’abord  Arjuna. Il leur souhaita la bienvenue et les salua comme  il se doit. Puis il s’enquit de la raison de leur visite. 

 Duryodhana dit alors en souriant à Krsna :  

- Accorde-moi ton aide, s’il te plaît, dans cette guerre imminente. En effet tu portes une égale amitié à moi-même et à Arjuna. De plus, nous avons les mêmes liens de parenté avec toi. Mais aujourd’hui, c’est moi qui suis arrivé le premier ici. Les justes qui suivent les coutumes des anciens prennent le parti de celui qui est arrivé le premier. Or, tu es aujourd’hui le meilleur des justes du monde, tu jouis toujours d’un grand respect. Conforme-toi donc à la conduite des justes. 

- Je ne doute pas que tu sois arrivé le premier, répondit Krishna, mais c’est Arjuna que j’ai vu d’abord. Etant donné que c’est lui que j’ai vu avant toi, je vous aiderai l’un et l’autre. Mais on nous a appris que ce sont les plus jeunes qui doivent choisir d’abord ce qu’ils désirent. C’est donc Arjuna qui est habilité à choisir le premier. J’ai une immense armée de dix millions de vachers tous aussi forts que moi et bons combattants ; on les appelle les Narayana. Ces guerriers irrésistibles seront  du côté de l’un d’entre vous. Quant à moi qui ne combattrai pas et qui aurai déposé les armes, je serai du côté de l’autre. Entre ces deux possibilités, Arjuna, choisis celle qui te semble préférable, car selon le dharma, tu as le droit de choisir en premier. 

A cette invitation, Arjuna choisit Krishna qui ne combattrait pas dans cette bataille, le tueur d’ennemis, lui l’incréé, né volontairement parmi les hommes, lui qui était au dessus de tous même des dieux et des démons. Quant à Duryodhana, il choisit toute cette armée, avait-il d’autres choix ?  Ayant obtenu mille milliers de guerriers et bien qu’il sût qu’il serait privé de l’aide Krishna, il fut extrêmement heureux. 

Krishna négocie la paix entre les cousins ! 

Intervient ici Krishna, le dieu Krishna, qui est parent des  deux clans, en monsieur bons offices, en diplomate, afin de trouver un accord à l’amiable et éviter la guerre « germanicides »  (puisqu’ils sont cousins !!). Mais le puissant Duryodhana lors de ces entremises n’en a cure et va jusqu’à essayer de soudoyer Krishna ! Comme son plan ne marche pas, il se propose de faire arrêter Krishna ! En apprenant l’intention de Duryodhana, les partisans de Krishna font approcher son armée pour le protéger. Mais le Dieu Krishna, venu pour prêcher la paix, ne souhaite pas répondre par la violence aux menaces de Duryodhana. Tandis qu’il rie, il fait une démonstration de sa force divine par une Théophanie (2). Il émet les trente dieux de la taille du pouce, comme des éclairs, Brahma est sur son front….. De ses yeux, son nez, sa bouche sort du feu. Une sorte de … dragon !!  L’assemblée est effrayée par ce spectacle !

Krishna révèle à Karna qui est sa mère. Kunti, sa mère biologique confirme : 

Karna et Arjuna sont frères de la même mère mais ne le savent pas. Ils sont adversaires. Ils avaient déjà failli se battre en présence de Kunti lors d’un épisode précédent. Ici, Kunti essaie d’argumenter afin d’éviter la guerre.  

- Tu es mon enfant et non pas de Radha. Adhiratha n’est pas ton père. Tu n’es pas né dans une lignée des guerriers, Karna, crois-en mes paroles. Je t’ai mis au monde avant d’être mariée. Tu es le premier enfant que j’ai porté en mon sein. Tu es né dans le palais du roi des Kunti. Tu es mon fils! le dieu soleil qui éclaire et qui brûle t’a engendré, meilleur des guerriers. O toi l’inattaquable, tu es né de moi dans la maison de mon père avec des boucles d’oreilles et une armure, enfant de dieu resplendissant d’éclat royal. 

Karna entendit (ce n’est pas une nouveauté !!) alors une voix émise par Surya, le lumineux dieu Soleil qui s’adressa à lui avec une affection paternelle difficile à ignorer. 

- Kunti a dit la vérité, Karna, obéis à ta mère. Si tu fais tout ce qu’elle a dit, le plus grand bien en résultera pour toi. 

Sur ce, Karna reproche à sa mère de l’avoir abandonné. Même s’il trouve juste de ne pas tuer son frère, il a donné sa parole aux Kaurava qui ont été bons avec lui, il combattra donc son frère Arjuna mais épargnera les quatre autres. Il rassure encore sa mère car  même s’il tuait Arjuna, elle aurait toujours cinq fils, de même que si c’était Arjuna qui le tuait.  

 

Histoire d’Amba : une femme qui devient … homme ! 

Amba était amoureuse de Bhisma. Mais celui-ci avait fait le vœu à son père de ne jamais se marier. Amba à un autre prétendant mais qui ne veut pas d’elle sous prétexte qu’elle appartient à un autre (Bhisma). Elle prend mal la chose et se réfugie dans un ermitage pour prendre conseil. Les sages donnent tort à Bhisma. Elle décide de se venger en tuant Bhisma. Malgré les pressions de Rama, Bhisma tient ferme, il n’oublie pas le vœu. Ils en arrivent aux mains, mais le combat dure des jours et Rama n’arrive pas à bout du sage. Ils arrêtent le combat à la grande déception d’Amba. Celle-ci se lance dans une ascèse pour que son vœu soit exaucé. Shiva lui promet qu’elle renaîtra en homme afin de tuer Bhisma.   

- O dieu, comment pourrais-je remporter la victoire au combat alors que je suis une femme ? Comme j’appartiens à ce sexe, j’ai l’esprit pacifique et pourtant tu m’as promis, maître des créatures, que je vaincrai Bhisma. Fais en sorte que ta promesse se réalise, que je puisse affronter au combat Bhisma et le tuer.

-  Ma parole ne peut être fausse, elle se réalisera. Tu tueras Bhisma au combat. Pour cela, tu deviendras homme et de plus, tu te rappelleras dans ton incarnation future tous les événements de ta vie actuelle. Tu renaîtras dans la lignée de Drupada où tu deviendras un grand guerrier prompt au maniement des armes, capable de combattre de diverses manières et tenu en haute estime. Noble jeune fille, tout se réalisera comme je te l’ai dit. A un tournant du temps, tu deviendras homme. 

 

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Bientôt on va rentrer dans le vif du sujet, la guerre des dix-huit jours, 18 comme autant de livres de l’épopée ! 

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Notes:

1 – Le terme « anjali » signifie en sanskrit « (salutation) les mains jointes ».  On verra qu’Arjuna a une arme divine appelée « anjalika » dont la pointe est en forme de mains jointes, une façon de s’excuser auprès de sa future victime !! Un peu de douceur même dans la guerre. 

De la même origine, les adeptes du yoga connaissent Patanjali, littéralement « Maître aux mains jointes ».  

2 – Théophanie, mot de racine grecque, « manifestation divine », un peu comme …. Epiphanie !! Bonne galette.. hé hé c’est une de mes …fêtes !! 

   

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Lundi 1 janvier 2007

Bonjour à tous et bonne année 2007!!

Me voici, après quelques jours, que dis-je semaines, d'absence!! pour la suite du Mahabharata!!

 

Le royaume du roi Virata, pays des Matsya (= poissons en sanskrit),  est affaibli par la perte de son général en chef Kiçaka, suite à une histoire de cœur …. avec Draupadi !! Le peuple des Trigarta qui avait un contentieux avec Virata profite pour lancer une attaque et lui voler ses vaches. Après une violente bataille, Virata sort vainqueur.

Parallèlement à cette attaque des Trigarta, leurs complices les Karauva lancent sur un deuxième front une offensive contre Virata. Dans ce combat, Arjuna va affronter seul un ensemble d’ennemis d’une supériorité numérique écrasante. Qui va gagner ?... 

Les Pandava sont toujours incognito chez Virata, en attendant la fin de leur exil. 

   

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 La deuxième offensive contre Virata : 

 

 

 Les Karauva, emmenés par Duryodhana, dérobent le reste du troupeau du roi Virata. Les pauvres vachers rentrent apeurés au palais annoncer la mauvaise nouvelle et en l’absence du roi, son fils, le prince Uttara, voudrait aller combattre l’ennemi afin de récupérer les vaches, il a déjà un scénario en tête pour vaincre les Kaurava, mais son problème est de  trouver un cocher pour conduire son char. Draupadî, sur les conseils d’Arjuna, lui demande de s’adresser au maître de danse de sa soeur (Arjuna toujours incognito) car il a été autrefois le cocher ….d'Arjuna. La princesse Uttarâ est chargée de le convaincre pour cette mission, sans trop de peine, car que peut-il refuser à sa jeune élève ? 

 

 

Arjuna se prépare pour partir et s’habille avec tellement de maladresse qu’il est l’objet de risées de la part des jeunes filles du palais, il a perdu la main après tant d’années d’inactivité guerrière. Il leur promet cependant qu’à son retour (victorieux) de leur rapporter des étoffes de couleurs chatoyantes, prises à l’ennemi, pour leurs marionnettes. 

Uttara et son conducteur ont à peine quitté le palais qu’ils aperçoivent l'armée des Kaurava en mouvement. Devant l’importance de cette armée et de la poussière qu’elle soulève, Uttara prend peur et veut faire  demi tour. Malgré les encouragements  d’Arjuna, Uttara panique et s'enfuit. Mais Arjuna, tresse au vent, le poursuit. Les Kaurava s’amusent de ce spectacle inattendu mais rient moins quand ils croient reconnaître le Pandava.  Arjuna rattrape Uttara, le ramène de force et lui propose d’inverser leur rôle. Il conduira le char tandis qu’Arjuna combattra les Karauva. 

Après cette course folle, Drona, ancien maître ès armes d’Arjuna (cf épisode du vautour empaillé), un des chefs de guerre du camp de Karauvu, pressent de funestes présages …  « …toutes les bêtes, tournées vers le soleil, poussent des cris effrayants pour nous ; des corbeaux sont perchés sur nos emblèmes. Cela n’est pas de bon augure. Ces oiseaux qui nous contournent par la gauche et ce chacal qui a couru à travers nos rangs en glapissant et qui en est sorti indemne présagent un grand danger…. »  

Arjuna se lance dans la bataille : 

Arjuna ordonne à Uttara de grimper dans l'arbre où il avait caché ses armes avant de rentrer dans le royaume de Vitara et de les lui rapporter. Parmi ces armes, l'arc Gândîva à la corde magique qui fait trembler les montagnes. Devant une telle arme, le prince s’émerveille et voudrait savoir plus sur son propriétaire. Arjuna lui révèle qui il est mais lui demande de garder le secret pendant quelque temps encore. Le prince, connaissant la réputation d’Arjuna, est rassuré et veut bien conduire le char. 

Arjuna noue rituellement ses cheveux, prend ses armes et prépare son arc Gandiva. Petite vérification, il fait résonner la corde…. pour intimider l’adversaire, place son enseigne sur le char et sonne sa conque qui fait un bruit assourdissant, deuxième intimidation !.

A ces signes, le camp d’en face, Drona en tête, n’a aucun doute, il s’agit bien du Pandava. Pourtant Duryodhana est soucieux, Arjuna n’est-il pas en train de se jeter dans la gueule du loup ? Car il est persuadé que la treizième année d’exil n’est pas encore passée. Il demande à Bhisma le sage (ne pas confondre avec Bhima le costaud, un des maris) de vérifier en faisant le décompte du temps écoulé. Duryodhana, toujours soupçonneux, croit que Drona est de mèche avec ses ennemis les Pandava ! D’autant plus que son fils, Ashvatthaman, admirateur d’Arjuna, reproche aux Karauva leurs parties de dés pipés qui les entraînent dans une bien vilaine aventure. 

Bhisma joue les médiateurs et propose un plan de bataille, car après avoir vérifié les comptes il confirme bien que la treizième année d’exil est passée, les Pandava peuvent donc se montrer au grand jour mais eux-mêmes ne le savent pas encore. 

Sur ce, Arjuna, sur son char conduit par Uttara, arrive devant les Kaurava. Affront suprême, il les ignore, car il ne cherche que Duryodhana, leur chef. C’est bien connu, il suffit d’éliminer le chef d’une armée pour mettre ladite armée en déroute. Mais il ne s’agit pas seulement de cela, car Arjuna n’a pas oublié l’humiliation qu’avait subi leur épouse Draupadi, il veut la venger. Ne le voyant pas, il fait faire demi-tour à son char. Les Kaurava profitent pour l'attaquer par l’arrière, mais Arjuna fait demi-tour et perce leurs rangs Il fait fuir Karna (son frère aîné, premier fils de Kunti, dont le père est Surya le Soleil. Mais tous les deux ignorent encore ce détail). 

Les dieux arrivent pour assister au combat et voir l'efficacité de leurs armes. Rappelez-vous, Indra est le père d’Arjuna, il avait été chercher des armes chez lui, et Bhisma est le fils du Gange. 

Quelques duels successifs entre Arjuna et les guerriers réputés des Karauva  : 

Arjuna et Kripa : Arjuna blesse les chevaux de Kripa  qui perd l'équilibre, mais Arjuna, grand prince, ne profite pas de la situation. Une fois remis sur pieds, il coupe l'arc de Kripa, détruit sa cuirasse, brise son épée, tue ses chevaux, son cocher, détruit son char et finalement le blesse d'une flèche à la poitrine. Kripa est évacué ! Un de moins ! 

Arjuna le disciple préféré, face à Drona, l’ancien maître :  « Après toi Drona ! je ne t’attaquerai pas si tu ne m'attaques pas ». Sur ces échanges d’amabilité, Drona ouvre les hostilités. Le combat avec des armes divines entre ces géants est impressionnant. Drona reçoit des flèches par centaines mais il ne voit pas Arjuna charger son arc tellement il va vite ! Forcément il (l’arc) est divin !! Le fils de Drona, Ashvatthaman vient au secours de son père et lui permet de se dégager. Mais faute de flèches, le fils arrête le combat.

Arjuna et Karna le vantard : Karna est battu, il abandonne le combat et s’enfuit. 

L’armée des Karauva contre-attaquent mais Arjuna, grâce à  ses flèches divines par millier s’abattant sur l’ennemi, défait l'armée entière. 

Face à face entre Arjuna, fils d’Indra, et Bhisma, fils du Gange : ils emploient des armes divines, l’un faisant obstacle aux armes de l’autre. A ce spectacle, les dieux, Indra en tête, sont aux …anges et applaudissent leurs exploits. Ils passent aux flèches et Arjuna tue beaucoup de guerriers de l’entourage de Bhîsma. Les deux combattants sont de force égale mais Arjuna trouve la faille en blessant son adversaire d’une flèche à pointe d’or. Bhisma est évacué du champ de bataille. 

Duel entre Duryodhana et Arjuna : Duryodhana est défait et s’enfuit sous les moqueries de son vainqueur. 

Les battus des duels précédents lancent en groupe une nouvelle contre-attaque, car Duryodhana est devenu fou de voir toute une armée mise en déroute par un seul combattant. Arjuna est encerclé. Il sonne sa conque et ses ennemis sont terrassées et perdent connaissance. Uttara est chargé de dépouiller les vêtements de couleur des guerriers évanouis. Notons ici que ce dépouillement des guerriers de Duryodhana est le pendant de la scène où Draupadi avait été humiliée et déshabillée même partiellement devant l’assemblée des hommes.  

Bhîsma, revenu à lui, conseille à Duryodhana de cesser le combat et de laisser les vaches à Arjuna. Ce qu’il accepte. Les Kaurava se retirent et Arjuna les salue, car n’oublions pas, Drona fut pendant un temps maître d’Arjuna pour les armes et Bhisma  est l’aïeul et donc doit  être respecté. Mais Arjuna avant de partir ne peut pas s’empêcher de jouer un tour à Duryodhana. Il lui coupe le diadème d’une flèche, puis ramène les vaches à Virata et envoie des coursiers à la ville pour annoncer la victoire d’Uttara sur les Karauva. 

Retour de Virata : 

Dans l’épisode précédent, Virata, aidé des Pandava à l’exception d’Arjuna,  avait défait l’autre armée et récupéré ses vaches. Depuis son palais, on lui annonce qu'Uttara est parti avec le maître de danse de sa sœur comme cocher (Arjuna incognito toujours) afin de combattre les Kaurava. Il envoie son armée à la rescousse de son fils, mais les messagers d'Uttara viennent annoncer sa victoire. Pendant ce temps, Yudhishthira joue une partie de dés avec le roi et le fâche en déclarant que la victoire ne pouvait échapper à  Uttara dès lors qu’il avait un tel cocher. Vitara ne peut contenir sa colère devant une telle affirmation, il lui lance les dés au visage  et le blesse au nez. Arjuna arrive à ce moment et il s’en est fallu de peu qu’il ne tue Virata pour cet acte qui a fait couler le sang de son frère aîné suite à un vœux. 

Uttara confirme que la victoire en revient bien à Arjuna et le roi s’excuse auprès de Yudhishthira.

Les Pandava se font connaître : 

Quelques jours après la fin de la bataille, les Pandava ayant appris la fin de la treizième année d’exil, se mettent sur leur trente et un et s’installent  sur les trônes dans le Palais de l'Assemblée royale. Le roi Virata s’étonne de cette insolence, pensez, des brahmanes sur ses trônes ! C’est alors qu’Arjuna révèle leur identité.. Le roi n’en croit pas ses oreilles, mais il a bien compris à qui il a affaire. Il propose alors sa fille en mariage à Arjuna, un homme qui a fait front seul aux Karauva. Mais il refuse, au risque d’offenser le roi, en lui déclarant : 

« Pendant mon séjour dans les appartements intérieurs du palais, j’ai eu sans cesse ta fille sous les yeux, aussi bien en public qu’en privé, et elle me faisait confiance comme à un père.  Elle m’aimait et me tenait en haute estime comme danseur et comme chanteur. Ta fille m’a toujours considéré comme son précepteur. O roi, j’ai habité avec elle pendant un an alors qu’elle était dans la fleur de l’âge : maintenant qu’on sait que je ne suis pas eunuque, toi ou d’autres gens auraient donc quelque raison de nous soupçonner à tort. J’ai vaincu mes sens et dompté mes passions, j’ai respecté sa virginité. C’est pourquoi je demande ta fille comme bru.  J’ai un fils du nom d’Abhimanyu, neveu de Krishna, semblable au fils d’un dieu, il mérite d’être ton gendre. » 

Le roi accepte cette proposition somme toute honnête et Arjuna envoie chercher Abhimanyu et le reste de la famille afin de célébrer le mariage. 

Par ce mariage, Arjuna a un allié de plus pour la guerre qui s’annonce.  

 

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 Ouf !! c’est l’épisode le plus long….mais vous avez un an pour le lire hé hé 

 

 

 

 

Bonne année 2007 à tous !! 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 17 décembre 2006

Namastè à tous les courageux!!!

Petit rappel : depuis l’épisode précédent, les Pandava et leur épouse ont trouvé refuge incognito chez le roi des Matsya Virata. Pour vivre, ils se débrouillent comme ils peuvent, chacun selon ses compétences supposées, Yudhishu est joueur de dés ! Bhima, gros mangeur, s’est découvert des dons de cuisinier, Arjuna depuis qu’il a appris la  danse chez Indra, est prof de la fille du roi….. Draupadi le Cendrillon de son côté prend soin de ses époux, mais en secret. 

 

Je mets ici un nouvel épisode sur la grande attirance de Draupadi par la gent masculine, car elle sera indirectement la cause de la bataille qui va suivre. Pauvre Draupadi !! Mais c’est son destin qui veut ça ! 

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Draupadi convoitée par Kicaka, frère de la reine et général des armées du roi.

Après l’arrivée des Pandava chez le roi Virata, Draupadi, fidèle servante de la reine, tape à l’œil de Kicaka, général en chef de l’armée du Roi. Il est curieux, il veut savoir qui elle est car à première vue, il est déjà transpercé par les flèches de Kama (Cupidon indien). Jamais ô grand jamais il n’a vu pareille beauté (the song remains the same!). Draupadi, en servante dévouée décline l’offre du prétendant, car ne vient-elle pas d’une caste inférieure ? une femme qui s’occupe des cheveux des autres. Mais Kicaka ne se laisse pas convaincre par de tels arguments, car les histoires de princes amoureux de bergères sont …roupie courante !! Au refus constant de Draupadi, Kicaka va jusqu’aux menaces ! Mais Draupadi reste ferme, avec un argument imparable : « j’ai cinq maris gandharva, ils te tueront si tu insistes à me poursuivre dans ta folie !! » 

 

 

Kicaka se tourne vers la reine, sa sœur, et lui demande de lui venir en aide. Prise de pitié devant l’état pitoyable de son frère, la reine monte un stratagème qui consiste à envoyer Draupadi chercher une boisson pour elle chez l’amoureux transi. Il profiterait alors pour l’inviter à dîner en tête à tête, lui offrirait des cadeaux, monts et merveilles… et peut-être …. se laisserait-elle attendrir. Draupadi refuse d’aller faire la commission et propose qu’une autre femme aille chez Kicaka. Mais devant les garanties de la reine qu’aucune violence ne lui sera faite, car Kicaka a une fameuse réputation envers les femmes, elle se résout à aller. En partant, elle prend ses précautions, on ne sait jamais, en invoquant le dieu Soleil, Surya, afin qu’il vienne au secours d’une pauvre femme. Surya lui envoie illico un ange gardien (raksa) invisible qui l’accompagnera pendant cette mission à haut risque. Kicaka en la voyant arriver n’en croit pas ses yeux ! il veut lui offrir des bijoux, des vêtements et lui propose même …. un lit, préparé rien que pour elle !! mais Draupadi, fidèle servante ne pense qu’à  sa mission, ramener la boisson à la reine. Devant la mine de Draupadi signifiant clairement un refus, l’amoureux s’en prend violemment  à la jeune femme, il la bouscule, l’attrape par les cheveux ! Elle tombe mais son ange gardien intervient et bouscule à son tour Kicaka et Draupadi profite pour s’enfuir. Bhima sur ces entrefaites apprend ce qui se passe et voudrait intervenir, mais Yudhishu, le droit,  l’arrête, sinon ils seraient reconnus. En effet Bhima selon ses habitudes allait arracher un arbre pas loin pour écraser Kicaka. Draupadi de retour va se plaindre auprès du roi qui lui devait protection, et son souhait est de voir tuer Kicaka pour cette offense, car il n’est pas à son premier essai !

Mort de Kicaka 

Draupadi ne se remet pas de cette nouvelle humiliation. Elle se lève en pleine nuit et va réveiller Bhima, le seul qui peut le venger, mais celui-ci est tout surpris de la voir débarquer à une heure si tardive de la nuit. Il ne comprend pas la raison subite de ce réveil. A quoi réplique son épouse : « Lève-toi ! Pourquoi dors-tu comme si tu étais mort ? Un méchant ne saurait vivre quand il a offensé l’épouse de celui qui n’est pas mort ! ».  Bhima est attendri par le malheur de son épouse et accepte le stratagème de Draupadi pour « envoyer Kicaka chez ses ancêtres ». Draupadi feint un changement de sentiment envers Kicaka et invite ce dernier à venir la rejoindre la nuit suivante dans sa chambre. La nuit venue, le langoureux suit les consignes de Draupadi en allant la retrouver au lit. Mais ô mauvaise surprise, c’est …Bhima qui est là à l’attendre. Une violente bagarre à mort s’éclate, bien sûr Bhima est plus fort et tue Kicaka. Le lendemain matin, la découverte de la mort du « soupirant » met en émoi les partisans de Kicaka et ils accusent Draupadi, la sorcière, de cette mort. Suit une conséquence inattendue, bien que Draupadi ne soit pas l’épouse de Kicaka, ses partisans veulent qu’elle soit brûlée sur le bûcher avec le mort. Elle est déjà sur le chemin du bûcher quand Zorro-Bhima intervient, incognito, pour la sauver. 

Razzia sur le troupeau de Virata. 

Kicaka par sa réputation de coureurs de femmes, ne laisse pas un souvenir impérissable aux sujets du  roi Virata, sa mort est plutôt un soulagement. De son côté, Duryodhana cherche par tous les moyens, par des espions surtout, à débusquer les cousins (Pandava) avant la fin de la treizième année. Certains pensent que les Pandava sont déjà morts. Mais Bhisma le sage, est sûr que là où se trouve le roi du Dharma, Yudhishu, il n’y a pas de malheur, « un petit arpent du bon Dieu » avant l’heure.  

En apprenant que le terrible guerrier a été tué, Duryodhana, qui avait un vieux contentieux à régler avec Kicaka, pense que l’occasion est favorable de lancer une attaque sur le royaume des Matsya et leur enlever leurs troupeaux de vaches, vider leurs greniers, piller leurs bijoux…. 

Un plan de bataille est mis au point. Des alliés de Duryodhana se lancent à l’assaut d’une partie des troupeaux de Virata et s’emparent de milliers de bêtes. Par un curieux hasard, c’est précisément à ce moment qu’arrive à terme la treizième année d’exil, mais les Pandava ne le savent pas encore, n’ayant pas de … calendrier sous la main. La nouvelle du rapt du bétail  arrive au palais de Virata. Le roi réunit son conseil et décide avec l’aide Bhima  de repartir à la conquête de ses vaches. C’est facile, il suffit de suivre l’immense troupeau à la trace. Au contact des deux armées résulte un grand carnage. Ils en arrivent au corps à corps et les adversaires ne se reconnaissent même pas à cause de la poussière qui s’élève du champ de bataille. Mais à la fin, c’est Virata et ses alliés qui sortent vainqueurs et récupèrent les vaches. 

Parallèlement une autre bataille a lieu contre d’autres alliés de Duryodhana. En face, c’est Arjuna l’eunuque (toujours incognito) qui se fait passer pour le cocher…. d’Arjuna, qui part au combat, avec pour conducteur le fils du roi. Ce dernier, à la demande d’Arjuna, part chercher les armes cachées avant leur arrivée chez Virata, dont l’arc Gandiva qui peut provoquer l’écroulement d’une montagne, la conque au son dévastateur. Son arrivée sur le champ de bataille ne passe pas inaperçu car Drona, une vieille connaissance, croit reconnaître l’emblème d’Arjuna, le singe Hanuman, perçoit des signes funestes, ce qui annonce rien de bon pour lui. 

Cet article me paraît assez long, alors la suite de cette bataille sera l’objet du prochain épisode !! Bonne semaine à toutes et à tous!!! 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 10 décembre 2006

Bonjour à mes lectrices et lecteurs……. Et bon courage !!

 

Pour l’instant, comme je l’avais dit sur l’article précédent, je passe sur un certains nombre d’épisodes de la vie des Pandava, mais comme l’a souhaité Roanne, je mettrai à d’autres moments quelques unes des histoires ou contes qui ont jalonné leur périple dans la forêt. 

Dans le présent épisode, après les premières échauffourées, les Pandava cherchent un coin tranquille pour passer leur treizième année d’exil incognito. Ce sont les termes du contrat signé avec leurs cousins après la partie de dés menteurs. Sous peine d’être exilés à nouveau pour 12 ans s’ils sont reconnus! Ils vont, comme dans les jeux de rôles, se choisir un personnage, pour mieux se dissimuler. La chance est avec eux car le dieu Dharma est de leur côté. Il leur vient opportunément en aide en leur conseillant de se réfugier chez le roi Virata qui est un ami, et il leur garantit qu’ils ne seront pas reconnus, quoiqu’il arrive, pendant toute cette treizième année.

 

 

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Pourparlers pour le choix des personnages :

Yudishou (1) se propose de se déguiser en Brahmane, c’est un rôle qu’il connaît bien car ce n’est pas la première fois qu’il endossera des vêtements d’écorces.

Bhima sera cuisinier car il est fin cordon bleu, semble-t-il !

Arjuna sans hésiter se voit en … eunuque !! (ce n’est pas nouveau, rappelez-vous l’épisode où il s’était refusé à Urvasi (épisode no 19) et de rage la princesse lui avait jeté un sort !!) pour être maître de danse chez le roi.

Les jumeaux quant à eux, s’occuperont des animaux du roi, palefrenier et vacher.

Il reste le cas le plus délicat. Quel sera le déguisement de Draupadi ? en quel personnage va-t-elle se grimer ? Cas difficile pour une femme séparée de ses époux, car elle va se trouver en situation de grande fragilité, avec tous ces courtisans. De plus une reine (Draupadi) ne sait rien faire, car en général, elle n’a rien à faire (même pour ses ongles, elle a les manucures !) étant entourées de servantes. Autour d’elle, il n’y a que guirlandes, parfums, ornements (du genre … « triple collier … de perles »), vêtements de soie…. Mais elle a une idée. Elle se fera passer pour la servante de Draupadi ! Ainsi, au service de la reine, elle sera protégée par elle. Mais Yudhishou n’est pas tranquille pour sa Draupadi, il lui prodigue force conseils du genre « méfie-toi des hommes peu sûrs » ! Car on sait que la pauvre est la convoitise de beaucoup d’hommes depuis longtemps. N’est-ce pas Roanne ?

 

Départ de l’entourage des Pandava :

Après la distribution des rôles, Yudhishu congédie le reste de son petit personnel avec ordre de garder le silence au sujet des Pandava et de leur cachette. Motus et bouche cousue !! Avant de s’en aller, le chapelain Dhaumya leur prodigue les derniers conseils sur leurs comportement à la cour du roi Virata et afin de rendre les dieux favorables, ils offrent des oblations pour leur prospérité et leur succès dans l’entreprise qui les attend. Les Pandava,équipés de leurs redoutables armes s’en vont et suivent le fleuve sur sa rive ….droite et avant d’entrer dans la ville, ils cachent les armes trop reconnaissables, surtout l’arc Gandiva dont les vibrations feraient s’écrouler une montagne…. (comme les trompettes de qui vous savez) 

 

Arrivée à la cour du roi Virata

Yudhishou se présente au roi comme l’ami de … Yudhishou ! expert en maniement de dés ! Le roi est conquis par un tel personnage, car les experts en dés sont respectés. Il en va jusqu’à faire son alter ego !

Bhima se présente à son tour, comme cuisinier, muni de toutes ses ustensiles de cuisine. Le roi a du mal à voir en lui, Bhima le costaud à la prestance royale, un cuisinier. Bhima consent cependant à reconnaître qu’il n’a pas tort et qu’il est bon à la lutte même contre des éléphants et les lions !! ce qui peut être un atout pour le roi. Il est nommé chef cuistot ! 

 

Draupadi chez la reine :

Arrive le tour de Draupadi, ses longs cheveux noirs et souples simplement noués sur son épaule …droite ! Sa démarche est hésitante (mais volontairement), son seul vêtement, bien que fait d’une belle étoffe est très sale afin d’avoir l’aspect de la parfaite servante. Pourtant, les femmes du palais accourent en l’apercevant, elles n’en croient pas leurs yeux !! La reine en entendant le brouhaha la convoque pour savoir ce qu’elle souhaite faire au palais….mais au premier coup d’œil, elle a des doutes sur ses origines de basse extraction :

La reine : - Une beauté telle que toi ne peut être ce que tu dis, femme splendide. Tu as l’air plutôt d’être la maîtresse d’un grand nombre de servantes et de serviteurs de toutes sortes. Tes chevilles sont fines, tes cuisses se touchent, tu es profonde de trois manières (par ta voix, ton intelligence et ton nombril), tu as six parties du corps proéminentes (ton nez, tes yeux, tes oreilles, tes ongles, ta poitrine, et l’attache de ton cou). Tu es maquillée de rouge aux cinq endroits requis et tu as la voix balbutiante d’un hamsa (cygne ! tiens). Tu as de beaux cheveux et une belle poitrine, le teint sombre, les hanches et les seins arrondis. Marquée (de tous ces signes propices) tu es comme une jument du Cachemire. Tes yeux ont des paupières arquées, tes lèvres charnues forment une sphère, tu as la taille fine, ton cou a trois plis tel un coquillage, tes veines ne sont pas apparentes (2), ton visage est pareil à la pleine lune. Par tes yeux de pétales et ton parfum de lotus d’automne, par ta beauté, tu es pareille à la Déesse de la prospérité. Mais ……….. qui es-tu ?

Draupadi - Je ne suis ni déesse, ni gandharvi, ni démonesse, ni raksasi. Je suis une servante de la caste des sairandhri (caste mêlée). Mon nom est Malini.

La reine : Je serais prête à te faire confiance, sans aucun doute, n’était le fait que le roi pourrait te désirer et se sentir attiré vers toi de tout son cœur. Les femmes de la cour royale ainsi que celles de ma maison gardent les yeux fixés sur toi. A quel homme ne ferais-tu pas perdre la tête ? Vois les arbres de mon palais : eux-mêmes semblent s’incliner pour te rendre hommage. A quel homme ne ferais-tu pas perdre la tête ? En voyant ta beauté surhumaine, femme aux belles hanches, le roi Virata me délaissera et sera attiré vers toi de tout son cœur. Ô femme au corps sans défaut, aux larges yeux mobiles, celui qui te regardera avec affection tombera au pouvoir de Kama (dieu de l’amour). De même femme au doux sourire, tout homme qui t’aura constamment sous les yeux tombera également au pouvoir de Kama si je t’hébergeais au palais royal ou dans ma demeure, femme aux beaux sourcils, je serais comme l’homme qui monte aux arbres pour sa propre perte. Le crabe ne donne naissance à sa progéniture que pour trouver la mort : je crains de subir le même sort en te donnant asile, femme au doux sourire.

- Ni Virata ni aucun autre homme ne pourra m’obtenir : j’ai pour époux cinq jeunes gandharva, ô reine. Si un homme essaie de me toucher, il meurt la nuit suivante…

Avec de tels arguments, la reine décide de la garder au palais. 

 

Les jumeaux

Puis c’est le tour des jumeaux, Sahadeva et et Nakula de se présenter au roi.

Sahadeva : Je suis un éleveur et mon nom est Aristanemi. J’ai été vacher chez les excellents Kuru…..

Le roi : En quelle qualité resteras-tu chez nous ?

Sahadeva : Yudhishou, l’aîné des cinq fils de Pandu, a cent huit mille vaches de la même espèce, cent mille d’une autre et deux fois autant d’une autre encore. J’étais le gardien de ces troupeaux et l’on me connaît sous le nom de Tantipala. Rien ne m’est inconnu du passé, du présent et du futur (Prométhée + Epiméthée grecs !!) et du grand nombre de vaches à dix lieues à la ronde.

Le grand roi des Kuru Yudhishou connaissait bien mes qualités et il était satisfait de moi. Je connais les divers moyens pour que les vaches se multiplient rapidement et ne tombent pas malades, je suis habile en ces matières pour les avoir apprises par toutes sortes de moyens. Je sais aussi reconnaître les taureaux marqués de signes propices. En flairant l’urine de ces taureaux, même les vaches stériles conçoivent (3).

 

 

Arjuna :

Enfin c’est le tour d’Arjuna, il se présente au roi comme prévu en tant qu’eunuque. Le roi ne veut pas le croire, car par sa prestance, il le verrait bien prendre sa place et diriger le pays. Mais il lui demande ce qu’il sait faire :

- Je chante, je danse et je joue des instruments. Mets-moi au service de ta fille Utara. A quoi bon te raconter comment je suis devenu comme ça ? Cela ne ferait qu’augmenter mon chagrin. Sache, ô roi, que je suis Brhanala, un fils ou une fille sans père ni mère.

A quoi le roi répond qu’il exaucera son vœu.  

 

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Oups … ça fait une belle tartine !! Mais je ne voulais pas scinder l’histoire des jeux de rôles !! drôle non ?

 

Notes :

1 - Ce pseudo vient d’une fidèle lectrice ! Il s’agit en fait de Yudhisthira, l’aîné des Pandava.

 

2- Les critères de la beauté féminine dans l’Inde antique n’ont rien à voir avec les canons de la beauté européenne. Les veines (du visage ici) de Draupadi ne sont pas apparentes, car elle à une peau très noire, d’où son autre nom Krishnâ (la Noire), n’est-ce pas ? On peut faire le parallèle ici avec la noblesse européenne et l’expression « sang bleu » moyenâgeuse, venue d’Espagne après l’invasion des Sarrasins, où il était de bon ….teint ou ton d’avoir les veines du visage bien visibles, pour bien marquer sa différence avec les envahisseurs ! Voilà un sujet pour Honorius !

 

3- Il y a quelque ressemblance avec le passage dans la Bible de Jacob chez son oncle/beau-père Laban et ses biquettes. Mais ici, Jacob roulait pour son propre compte en roulant son oncle. 

4-Ce passage rappelle Achille déguisé en femme par sa mère pour éviter qu’il aille à la guerre de Troie, et détourner la prédiction des Oracles, mais le destin…

 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Philosophie

« Pour le sage, la tristesse et la joie se ressemblent, le bien et le mal aussi. Pour le sage, tout ce qui a commencé doit finir. Alors, demande-toi si tu as raison de te réjouir de ce bonheur qui t'arrive, ou de te désoler de ce malheur que tu n'attendais pas. »
O. Khayam

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