Dimanche 30 décembre 2007

Bonjour à toutes et à tous.... 

 

Il n’est pas dans mes habitudes de présenter des livres, ou alors si peu, mais celui-ci est un peu particulier. 

Voici un livre que nous pourrions qualifier de ….virtuel, écrit par un certain Vichnousarman presque aussi virtuel puisque on ne sait rien de lui. Cette œuvre aurait été écrite vers le Vème/VIème siècle de notre ère, à la demande d’un roi pour l’éducation du prince. 


L’original a disparu de la circulation depuis longtemps et le livre connu sous ce titre est une reconstitution à partir de traductions ou de traditions orales éparpillées dans tout le sous-continent indien. Il est donc difficile de savoir quand il a été écrit, mais ce qui est certain, il est postérieur au grand poème épique « Le Mahabharata » car il contient quelques contes ou fables de ce dernier et on y trouve certain nombre de ses personnages.
 


Les contes et les fables mettent en scène des personnes, mais également des animaux qui ont des comportements et des sentiments humains, comme le fera Esope et plus tard La Fontaine.

 

 

 

 

 

 

 

Le livre I, intitulé « La désunion des amis », montre comment le chacal Damanaka réussit à créer la discorde entre deux amis, le Lion Pińgalaka et le Taureau Samjivaka.

 

Le livre II, intitulé « L’acquisition des amis » où l’union entre faibles permet d’échapper à un ennemi plus fort.

 

Le livre III intitulé « La guerre des corbeaux et des hiboux » nous montre comment les corbeaux profitent des ténèbres pour éliminer leurs ennemis les hiboux. Fable qui rappelle le passage du Mahabharata où les Kauravas rescapés éliminent les Pandavas endormis.

Les livres IV et V, intitulés « La perte du bien acquis » et « La conduite inconsidérée » sont une mise en garde, il faut toujours agir avec prudence et lucidité.

 

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Voici un conte qui va rappeler une certaine Perrette et son pot au lait …. Il est intitulé …


Le brahmane et le pot de farine



Un brahmane du nom de Swabhâvakripana (Misérable par nature) avait rempli un pot de farine de riz reçu en aumône et qui lui restait de son repas. Il pendit ce pot à une cheville, plaça son lit dessous, et, l’œil constamment fixé sur le pot pendant la nuit, il pensa :

Ce pot est pourtant plein de farine de riz.

Si donc il arrive une famine, j’en tirerai alors cent pièce d’argent, et avec cela j’achèterai une paire de chèvres.

Puis comme celles-ci mettent bas tous les six mois, j’aurai un troupeau de chèvres.

Ensuite, avec les chèvres, j’aurai des vaches.

Lorsque les vaches auront vêlé, je vendrai leurs veaux.

Puis avec les vaches j’aurai des buffles femelles, et avec les buffles, des juments.

Quand les juments auront mis bas, j’aurai beaucoup de chevaux. 
De la vente de ceux-ci je tirerai beaucoup d’or. 
Avec l’or j’aurai une maison à quatre salles. 
Puis un brahmane viendra à ma maison et me donnera en mariage une très belle fille avec une dot. 
De celle-ci naîtra un fils que je nommerai Somasarman. 
Puis quand il pourra venir sur les genoux, je prendrai un livre, je m’assoirai derrière l’écurie et j’étudierai. 
Cependant, Somasarman me verra, et désireux de monter sur mes genoux, il s’échappera du giron de sa mère et viendra au près de moi en s’approchant des sabots des chevaux. Alors, saisi de colère, je dirai à la brahmanî (l’épouse) :

- Prends, prends l’enfant

Mais, occupée des travaux du ménage, elle n’entendra pas mes paroles. Alors, je me lèverai et je lui donnerai un coup de pied.

Ainsi plongé dans ces réflexions, il lança un tel coup de pied, qu’il brisa le pot, et qu’il fut blanchi par la farine de riz qui était dans le pot.


Voilà pourquoi je dis :

Celui qui forme un projet irréalisable, impossible, reste blanc dans son lit comme le père de Somasarman.

 

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Un peu d’étymologie… au risque de faire chauffer quelques neurones en cette veille du jour de l’an, n’est-ce pas Chrisa ? lol



Le titre du recueil :

Pañchatantra, de Pañcha = cinq et tantra = livre


Ce terme Pañcha correspond au penta grec et au quinque latin, p devenant q. Ce même Pañcha a donné punch car la fameuse boisson avait à l’origine cinq ingrédients dont le rhum !



J’arrête ici car je ne voudrais pas être responsable de maux de têtes même avec mon punch virtuel !




Bonne année 2008 à toutes et à tous et bientôt

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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