Bonjour à toutes et à tous !!
J’ouvre la porte …
Aujourd’hui, jeudi, c’est étymologie !!
Le sanskrit dvâra (singulier ou pluriel) dvâr (féminin), -qui signifie porte, issue, passage, ouverture- est passé en occident par le grec sous la forme de Thyra, puis par le latin foris, au pluriel fores.
En allemand il est devenu Tür/Tor
En breton Dor
En russe Dver
En vieil anglais dor …devenu en anglais actuel door.
On reconnaît bien un air de famille entre tous ces vocables.
Il existe en Inde une région de pèlerinage où le Gange débouche des montagnes, qui s’appelle Haridvâr, littéralement Porte de Hari, Hari étant un autre nom de Krishna.
Le terme sanskrit Gopura signifie « porte de la ville », car cette porte devait être suffisamment large pour laisser passer le bétail, et surtout les vaches sacrées. Un petit rappel, la racine go a donné cow, Kuh…. la vache, et pura la ville a donné polis, bourg, burg…
La porte du paradis devient Deva-loka-dvâr, avec deva-loka séjour des dieux, loka –monde- qui a donné le verbe localiser et ses dérivés.
Et notre porte dans tout ça?
Dès le Xème siècle le latin porta migra tel quel en français puis la langue (je veux parler du muscle) simplifia et prononça
porte, plus facile.
Porta/porte signifie passage, sens conservé dans certains toponymes et qu’on retrouve autour de Paris comme dans Porte d’Orléans (ça se voit que je prends souvent le métro dans
cette direction !!). Puis il est devenu ouverture aménagée pour permettre le passage sous la muraille d’une ville alors que fores désigne un
passage aménagé dans un mur d’une maison.
Porta a supplanté fores dans les langues romanes. Sinon la porte serait devenue fora…. de forer, faire un trou dans le mur par exemple.
Quant au joli port, c'est une ouverture sur la mer.
De nos jours, il est utilisé en informatique pour désigner une entrée, pour les chevaux de Troie ou "Trojan Horses" par exemple, sur votre PC, et accessoirement pour surfer et vous ouvrir
sur le monde!
J’avais entendu cette expression utilisée par un vieil anglais « put wood in the hole » pour dire « fermer la porte », littéralement « mettre du bois dans le trou », imagée mais significative. Comme quoi la langue ne recherche pas toujours la simplification.
Pour finir je vais parodier la phrase d’Ogden Nash …
« Le chat est toujours du mauvais côté de la porte », eh oui, il lui faut un groom permanent avec révérence à chaque ouverture ainsi que le baise-coussinet qui va avec !!
Et c’est à mon tour de la prendre…. mais pas dans la figure !
Léonie la Lionne
Ludwig, le Sourd...
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