Bonjour à tous !!
Un peu de Shakespeare, hein Chrisa ? Mais c’est valable pour les autres aussi !
La naïveté ou comment faire avaler des couleuvres aux pauvres gens a-t-elle disparu de nos
jours ?
- Puisqu’on a vu ça à la télé, c’est forcément vrai.
Quand je vois comment on nous assène de publicités rien que pour vider nos poches, et ça marche, pas de
doute, nous sommes toujours aussi naïfs, quelle que soit l’époque d’ailleurs ! Mais de nos jours, nous faisons mieux, nous achetons du …
gratuit !
Voici un échange extrait de la pièce « Le Conte d’hiver », plus c’est gros (poisson) mieux ça passe !
Autolycus, pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents, est le bonimenteur qui cherche à fourguer sa
camelote.
Une scène du Conte d’hiver par A.L. Egg, celle justement où les filles demandent un cadeau à leur amoureux.
|
Le sot : Qu’est-ce que tu as ? Des ballades ? Mopsa : S’il vous plaît, achetez-en.
J’adore les ballades imprimées, parce qu’alors on est sûr qu’elles sont
vraies. Autolycos : J’en ai une ici sur un air des plus dolents, qui dit comment la femme d’un usurier a accouché de vingt sacs de
monnaie d’un seul coup, et comment elle avait des envies de têtes de vipères et des crapauds en carbonade. Mopsa : C’est vrai, vous croyez ?
Autolycos : Tout à fait, et ça ne date que d’un mois. Dorcas : Dieu me garde d’épouser un usurier.
Autolycos :
Il y a ici les noms de la sage-femme, une dame Duragot, et cinq ou six commères qui étaient
présentes. Pourquoi est-ce que je colporterais des mensonges. Mopsa : S’il vous plaît, achetez-là. Le Sot : Allez, mets-là de côté, et commençons par en voir d’autres. nous achèterons le
reste. Autolycos : Tenez encore une ballade, c’est sur un poisson qui est apparu sur la côte le mercredi quatre-vingt avril à
quarante mille brasses au-dessus de l’eau, et qui a chanté cette ballade contre la dureté des cœurs des jeunes filles. On a cru que c’était une femme, et qu’elle avait été transformée en
poisson froid pour n’avoir pas voulu faire œuvre de chair avec celui qui l’aimait. C’est une ballade très pitoyable, et non moins vraie. Dorcas : Elle est vraie aussi, vous croyez ?
Autolycos : Signée par cinq juges, et avec plus de témoin que mon ballot ne
pourrait en contenir.
|
- What hast here?
ballads? - Pray now, buy some: I
love a ballad in print o'
life, for then we are sure they are true
- Here's one to a very doleful tune, how a
usurer's
wife was brought to bed of twenty money-bags at a
burthen and how she longed to eat adders' heads and
toads carbonadoed
- Is it true, think you? -
Very true, and but a month old. -
Bless me from marrying a usurer! - Here's the midwife's name to't, one Mistress
Tale-porter, and five or six honest wives that were
present. Why should I carry lies abroad?
- Pray you now, buy it. - Come
on, lay it by: and let's first see moe
ballads; we'll buy the other things anon. - Here's another ballad of a fish, that appeared
upon
the coast on Wednesday the four-score of April,
forty thousand fathom above water, and sung this
ballad against the hard hearts of maids: it was
thought she was a woman and was turned into a cold
fish for she would not exchange flesh with one that
loved her: the ballad is very pitiful and as true.
- Is it true too, think you? -
Five justices' hands at it, and witnesses more than
my pack will hold
|
Vérifiez bien vos poches en sortant, c’est plus prudent!!
Sur ce, portez-vous bien et à la prochaine !!
Voir tous les articles
Vos inspirations