Lundi 19 février 2007

Bonjour à tous les courageux ! On arrive presqu’au bout du rouleau !! du moins pour les guerriers !

   

Karna et Arjuna, les deux frères, n’ont pas encore eu l’occasion de s’affronter. Voici ce moment qui arrive. Accompagné de son conducteur de char Salya, Karna est remonté à bloc et se sent en état de battre Arjuna, mais il y a un mais !

« Je combattrai sans peur Krishna et Arjuna, ces éminents guerriers. Mais je suis pour l’heure dans les affres de l’angoisse à cause de la malédiction que m’ont lancée Rama et un excellent brahmane. Autrefois, je vivais chez Rama en me faisant passer pour brahmane afin qu’il m’enseignât l’usage de l’arme divine. C’est là que le roi des dieux, pour le bien d’Arjuna, a dressé un obstacle devant moi. Pour cela, ayant revêtu la forme disgracieuse d’un ver, il est venu sur ma cuisse et l’a percée pendant que mon maître dormait, la tête posée sur mes genoux. Une fois ma cuisse percée, le sang s’est mis à couler abondamment de mon corps mais comme je craignais mon maître,  je n’ai pas bougé. Puis, le brahmane s’est éveillé et a vu le sang. En constatant mon endurance, il m’a dit : «  Tu n’es pas un brahmane ! Qui es-tu ? Dis-moi la vérité » Alors, je lui ai avoué que j’étais un suta (classe des guerriers). En apprenant cela, le grand ascète, débordant de colère, m’a maudit en ces termes : « suta, cette arme que tu as acquise frauduleusement ne t’apparaîtra pas quand tu voudras t’en servir, sauf au moment de ta mort. »

Les contretemps poursuivent Karna. Il avait tué un veau par inadvertance et avait été maudit à nouveau par le brahmane…

« Puisque tu as tué par inattention le petit d’une vache à oblation, la roue de ton char s’enfoncera dans une crevasse  pendant que tu combattras sur le champ de bataille, au moment où tu seras tout entier saisi par la peur. »

   

Tout va donc de travers pour Karna, et pour couronner le tout, la roue (çakra) qui est un symbole de pouvoir royal s’embourbera, comme par hasard c’est la roue gauche, ce qui signifie que Karna ne mérite pas le pouvoir royal.

   

Dans cet épisode, Karna affronte tour à tour les 5 Pandava tout en faisant un carnage dans l’armée du camp adverse avec ses armes divines. Dans les duels successifs avec les Pandava, il attaque Youdichou qui refuse le combat en prenant ses jambes à son cou. Arjuna n’apprécie pas que son frère abandonne le champ de bataille alors que ses hommes se font tuer. Ils en arrivent presque aux  mains.  Krishna désapprouve cette colère et tente d’apaiser Arjuna en lui donnant une leçon de dharma, lui qui voulait tuer son frère :

« Je sais maintenant que tu n’as pas fréquenté les anciens. Ta colère est inopportune. Tu es oublieux du dharma et tu n’as pas de sagesse… Par les traités, on peut tout savoir, mais tu ne les as pas compris. Bien que connaissant le dharma, ta façon de le respecter est due à ton manque de discernement. Vertueux comme tu l’es, tu ne comprends pas ce qu’est le meurtre des êtres vivants. S’abstenir de tuer les êtres vivants est plus important que tout. Mieux vaut encore dire un mensonge mais il ne faut jamais tuer. »

Ça c’est la leçon de Krishna, mais cela ne l’empêche pas de prendre partie pour les Pandava !

  

Bhima pendant ce temps est aux prises avec Duhsanana, le frère de Duryodhana, celui qui avait humilié Draupadi devant l’assemblée des hommes. Il le tue et boit …son sang comme il l’avait promis !

Krishna trouve que la guerre a assez duré, on en est au 17 ème jour, il demande à Arjuna de…. tuer Karna en lui faisant apparaître l’arme suprême, Brahma. Mais cette arme n’est pas si suprême que ça, puisque  Karna avec ses flèches divines le détruit. Dans ce duel Arjuna/Karna, tantôt c’est l’un qui a le dessus, tantôt c’est l’autre. Ne sont-ils pas frères avec des armes divines, donc de pouvoirs semblables ?

     

Quelques autres scènes épiques :

Le combat entre les deux camps  tourne à la confusion. Ils en arrivent à des corps à corps. Le singe Hanuman de l'enseigne d'Arjuna ne reste pas les bras croisés, il pousse des cris si effrayants qu’ils déstabilisent les Kaurava. Krishna vient à la rescousse et donne également dans les décibels avec sa conque et fait trembler le champ de bataille. Arjuna invoque l'arme des Serpents et les lancent dans le camp adverse. Ces serpents entravent les jambes des adversaires qui ne peuvent plus bouger (le scénariste de Conan le barbarian a dû s’en inspirer). Arjuna est touché par des flèches et est blessé. Il réagit en remplissant tout l’espace de flèches de l’arc Gandiva. Karna est touché en pleine poitrine de neuf flèches de fer droites, solides et empennées d’or. Son char s’embourbe et il demande une trêve pour se désembourber. A la guerre comme à la guerre, Krishna donne un coup de pouce en enfonçant plus encore la roue (avec son talon) pour bloquer Karna  et demande à Arjuna de refuser la trêve. Alors Arjuna lui coupe la tête avec son arme anjalika (arme en forme de mains jointes, une forme d’excuse pour la mort qu’elle va donner !).  

   

Duryodhana devant une telle débâcle veut proposer à  Youdichou de faire la paix en lui proposant des terres mais qui ne sont pas à …lui. Youdichou le ridiculise car il est trop tard maintenant, la guerre doit aller jusqu’à son terme.

A la vue de certains signes, les combattants restants sur le champ de bataille savent que la fin est proche. En effet, des prodiges s’offrent à leurs yeux….des lacs et des puits vomissent du sang, des fleuves coulent à contre-courant, des femmes semblèrent devenir masculines et des hommes féminins…. le monde à l’envers !

   

 

A la fin de la bataille, Krishna, le cocher d’Arjuna, lui demande de descendre du char avec l’arc Gandiva, lui Krishna ne descendra qu’en dernier. Arjuna s’exécute, mais ne comprend pas cette mise en scène. 

Krishna descend à son tour, est à peine a-t-il mis pied à terre que le singe céleste de l’emblème disparait. Puis le char s’enflamme  instantanément sans qu’on y ait mis le feu.  Alors Arjuna salue et se prosterne devant Krishna en voyant ce prodige. Peut-il entendre et comprendre ce qui vient de se passer ?  A quoi répond Krishna :

- Ce char avait déjà été brûlé auparavant par toutes sortes d’armes qu’il avait reçues, mais comme je me tenais dessus, il n’a pas été détruit pendant la bataille. Ce n’est qu’à présent qu’il a été détruit, brûlé par le feu de l’arme brahmanique, car je l’ai

quitté maintenant que tu as accompli ta tâche.

    

Allez, c’est assez long pour aujourd’hui, je garde la fin de cette guerre impitoyable pour la prochaine fois. 

Bonne semaine à tous.

 

 

 

 

 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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