Et voici don Quichotte, encore!! car comme dit l’adage, quand on aime on ne compte pas !! alors …
Dans ce passage où il est question de chats. C’est curieux non ?
Ici donc, don Quichotte et son écuyer Sancho Pança sont reçus dans un château où les habitants comprennent vite que l’homme de la Manche à la Triste figure est « timbré ». (C’est le terme utilisé par le traducteur Louis Viardot.)
Les habitants dudit château décident donc de lui jouer un tour, car ils en ont plus d’un dans leur sac à … chats !! et le voilà qui croit que les chats sont des enchantés (en 2 mots, pas de méprise hein !) ou possédés par le démon. On peut penser qu’à l’époque de Cervantès ce genre de mauvaises plaisanteries était courant, il suffit de se reporter à l’article sur les chats et les superstitions.
Dans ce passage, les minous s’en sortent bien, en revanche la figure du chevalier est plutôt … triste !
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Don Quichotte en était là de son chant, qu’écoutaient le duc, la duchesse, Altisidore et presque tous les gens du château, quand tout à coup, du haut d’un corridor extérieur qui tombait à plomb sur la fenêtre de don Quichotte, on descendit une corde où étaient attachées plus de cent sonnettes, puis on vida un grand sac plein de chats qui portaient aussi des grelots à la queue. Le vacarme des sonnettes et des miaulements de chats fut si grand, que le duc et la duchesse, bien qu’inventeurs de la plaisanterie, en furent effrayés, et que don Quichotte sentit ses cheveux se dresser sur sa tête. Le sort voulut en outre que deux ou trois chats entrassent par la fenêtre dans sa chambre ; et, comme ils couraient çà et là tout effarés, on aurait dit qu’une légion de diables y prenaient leurs ébats. En cherchant par où s’échapper, ils eurent bientôt éteint les deux bougies qui éclairaient l’appartement ; et, comme la corde aux grosses sonnettes ne cessait de descendre et de monter, la plupart des gens du château, qui n’étaient pas au fait de l’aventure, restaient frappés d’étonnement et d’épouvante.
Don Quichotte cependant se leva tout debout, et, mettant l’épée à la main, il commença à tirer de grandes estocades par la fenêtre, en criant de toute la puissance de sa voix :
« Dehors, malins enchanteurs ; dehors, canaille ensorcelée ! Je suis don Quichotte de la Manche, contre qui ne peuvent prévaloir vos méchantes intentions. »
Puis, se tournant vers les chats qui couraient au travers de la chambre, il leur lança plusieurs coups d’épée. Tous alors accoururent à la fenêtre, et s’échappèrent par cette issue. L’un d’eux pourtant, se voyant serré de près par les coups d’épée de don Quichotte, lui sauta au visage, et lui empoigna le nez avec les griffes et les dents. La douleur fit jeter des cris perçants à Don Quichotte. En les entendant, le duc et la duchesse devinèrent ce que ce pouvait être, et étant accourus en toute hâte à sa chambre, qu’ils ouvrirent avec un passe-partout, ils virent le pauvre chevalier qui se débattait de toutes ses forces pour arracher le chat de sa figure. On apporta des lumières, et l’on aperçut au grand jour la formidable bataille. Le duc s’élança pour séparer les combattants ; mais don Quichotte s’écria :
« Que personne ne s’en mêle ; qu’on me laisse corps à corps avec ce démon, avec ce sorcier, avec cet enchanteur. Je veux lui faire voir, de lui à moi, qui est don Quichotte de la Manche. »
Mais le chat, ne faisant nul cas de ces menaces, grognait et serrait les dents. Enfin le duc lui fit lâcher prise, et le jeta par la fenêtre. Don Quichotte resta avec le visage percé comme un crible, et le nez en fort mauvais état, mais encore plus dépité de ce qu’on ne lui eût pas laissé finir la bataille qu’il avait si bien engagée avec ce malandrin d’enchanteur....
Léonie la Lionne
Ludwig, le Sourd...
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