Lundi 12 mai 2008

Bonjour à toutes et à tous….

 

Un article de…. mots pour vous porter chance… car je vais parler d’une plante qui est censée la porter…Il s’agit du trèfle.

 

Tout d’abord tresfle (14ème)  puis treffle (du 16 ème au 18 ème).

Il est emprunté au grec de Marseille triphullon de triphullos « à trois feuilles »,  tri trois et phullon feuille qu’on retrouve dans phyloxéra, chlorophyle.

Le catalan et l’espagnol trebol, le portugais – pour Jojo-  trevo, le provençal treoule remontent au grec tandis que l’italien trifoglio, et l’ancien provençal trefueil viennent du latin trifolium.

 

L’anglais l’appelle par ces deux mots, trefoil, clover. Mais il existe le terme shamrock qui vient de l’irlandais seamrog, diminutif de seamar. La ville de Shamrock en Irlande doit tenir son nom par les champs de trèfles des alentours…

 

Le trèfle a en général 3 feuilles, mais on peut en trouver avec 4, 5, voire plus, il s’agit alors d’anomalie de la nature.

 

 

Un peu de superstition…

Sophocle considérait le trèfle comme une plante vénéneuse alors que selon Pline, les Anciens lui trouvaient des qualités médicinales contre les morsures de serpents et les piqûres des scorpions, ainsi que contre l’empoisonnement –courant dans les temps anciens ! 

 

Les Druides le considéraient comme une herbe très bénéfique parce qu’elle annonce l’orage en redressant ses feuilles.

Selon la légende chrétienne le trèfle a servi d’oreiller à l’enfant Jésus. Par ses qualités, le diable tenta de faire disparaître l’herbe bénéfique !

 

Celui qui porte quelques brins de trèfle peut se livrer sans danger à la magie, peut servir à un envoûtement d’amour.

 

Cette plante devient plus bénéfique encore quand elle a quatre feuilles. Elle devient alors porte-bonheur dans tout l’occident, ses quatre feuilles par leur forme rappellent la croix.

Pour les anglais, Le trèfle à quatre feuilles trouvé par hasard annonce une rencontre sentimentale importante le jour même.

Au XVème siècle, le trèfle à quatre feuilles, disait-on, promet bonheur et richesse jusqu’à la fin de ses jours.  Il fait deviner ce qui est caché, d’où l’expression  « il ne faudrait pas un trèfle à quatre feuille pour deviner cela ».

Il rend chanceux au jeu. Dans le Grimoire du pape Honorius on trouve cette martingale…. :

« Pour gagner au jeu, cueillez du trèfle à quatre ou cinq feuilles, faisant dessus un signe de croix, puis dites : trèfle je te cueille au nom du Père…  que tu aies à me servir à toutes sortes de jeux… »

Pas étonnant alors qu’une institution étatique utilise le trèfle virtuel pour appâter le chaland afin de mieux le pigeonner, avec ou sans petits pois….lors de jeux télévisés !

 

Selon les Belges, on peut grâce au trèfle magique, voyager sur l’eau sans danger, gagner un procès.

A défaut d’avoir un trèfle magique, on peut se contenter d’une amulette de métal représentant la plante (tout est dans la tête !!) qui favorise la réussite.

Le trèfle à cinq feuilles, plus rare, est doté de pouvoirs surnaturels : il promet des gains au jeu, de belles conquêtes féminines, la victoire dans des procès, la fortune...

Mais un bémol, aux US, le trèfle à cinq feuilles  porte malheur !

 

Pour la deuxième partie de l’article, je me suis inspiré du Livre des Superstitions d’Eloïse Mozzani chez R.Laffont

 

Bonne fin de lundi de Pentecôte à tous et tâchez de trouver des trèfles à 4 feuilles lors de vos ballades… 

 

par Alain publié dans : Etymologie, langues
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Mardi 6 mai 2008

Bonjour aux amoureuses et amoureux de mots !!

 

Aujourd’hui nous allons faire un tour sous les tropiques des Caraïbes. Après quelques mots du créole venant du latin par l’ancien français, voici deux mots qui viennent du sanskrit via le tamoul par les migrants hindous/indiens il y a de ça un peu plus d’un siècle.

 

Deux mots qui me faisaient rire quand j’étais enfant car je ne voyais pas le rapport avec le corps humain.

Il s’agit de talon et matalon qui désignent des instruments de musique utilisés à l’origine par la communauté hindoue dans les Antilles Françaises.

Le talon est une sorte de cymbales, faite de cuivre alors que le matalon est un tambour au même titre que le Djembé d’Afrique de l’ouest même s’ils diffèrent par la forme, ils sont de la famille du membraphone, faits de peaux.

J’ai trouvé cette photo sur le net où on peut voir ces deux types d’instruments.

 

 

 

Le sanskrit talam associé à la racine dâ –donner- signifie frapper des mains, les mains étant les instruments de base pour faire de la musique. On peut rapprocher cette formule avec celle qui consiste à donner de la voix. La phonétique a fait évoluer le mot pour arriver jusqu’au talon.

Quant au matalon, c’est un instrument plus imposant, plus lourd et plus … grand dans le sens premier, d’où mahatalon, devenu plus tard le nom actuel.

Ce même talam a dû donner le créole tala qui signifie celui-là, pour désigner quelque chose ou quelqu’un avec la …main et quelque fois avec le menton !

 

Puisque je parle d’instruments de musique….

Toujours aux Antilles, il existe un autre instrument toujours de la famille des membraphones appelé gros ka ou gwoka. Il était fabriqué à l’origine avec un petit tonneau de salaison. Eh oui, il fallait bien se débrouiller ! Le tonneau debout est coupé à un quart environ de sa hauteur, pour obtenir une sorte de baquet, d’où le mot ka. Le baquet est ensuite recouvert d’une peau tendue sur laquelle le musicien frappe avec ses mains comme un beau diable !

Et en avant le roulement de tambour accompagné des …..déhanchements endiablés !!

 

Bonne soirée à tous et à la prochaine…. Pour….

 

 

par Alain publié dans : Etymologie, langues
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 29 avril 2008

Bonjour à tous,

 

De temps en temps il y a une petite guéguerre sur l’utilisation des expressions par contre et en revanche.

Pour avoir le cœur net, voici ce que j’ai trouvé dans le manuel de référence de grammaire, Le Grevisse, œuvre du grammairien belge du même nom.

 

 

« Par contre, qui n’est pas récent, (il est attesté au XVIème s.) est entré dans l’usage général, même le plus exigeant, dans la seconde moitié du XIX ème S., malgré la réticence des puristes et le revirement de l’Académie, qui l’a exclu en 1932 après l’avoir admis en 1835 et en 1878.

 

Les puristes recommandent d’user en compensation ou en revanche, lesquels ne conviennent pas toujours, comme Gide le fait remarquer :

Trouveriez-vous décent qu’une femme vous dise, oui, mon frère et mon mari sont revenus saufs de la guerre ; en revanche j’y ai perdu mes deux fils ?

- La moisson n’a pas été mauvaise, mais en compensation toutes les pommes de terre ont pourri.

 

Comme quoi il y a les règles, les exceptions, le bon usage… et pour moi c’est comme ça vient !!

 

Et puisque je parle de grammaire, ce mot a donné grimoire, 13ème S., une altération du premier, pour désigner la grammaire latine, inintelligible pour le commun des mortels.

C’est aussi le Livre de magie à l’usage des sorciers…. coucou Jacques…. ;)) et plus généralement, une œuvre ou un discours obscur, inintelligible !

 

 

 

 

Bonne journée et à bientôt pour…. ?

par Alain publié dans : Etymologie, langues
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Lundi 28 avril 2008

Salut à tous !!

Aujourd’hui, le sujet sur les mots….

J’avais préparé cet article il y a un bail et je l’avais complètement oublié ….. mnémos mnémos !!

 

Voici donc une petite liste de mots de tous les jours ou presque qui viennent en ligne directe du pays de Zeus ! Rien qu’avec ces quelques mots génériques, vous allez voir qu’il est possible de fabriquer des mots nouveaux ou d’en comprendre d’autres, sans trop de difficulté !!

 

 

Amnésie

A est ici un privatif, mnesos = mémoire

Anorexie

An est ici un privatif, orexos = appétit

cacophonie

kakos = mauvais, phonie = son

Calligraphie

Kalos = beau, belle, graphos = écriture

Charisme

Karis= grâce, faveur

Ephémère

Epi = pendant, hêmera = jour

Eugène

Eu = bon ; genos = race ; bien né ou noble, voir eugénisme

Euphonie

Eu = bon et …. phone = son

Glucose

Glyka = Sucre, doux

Nycthémère

Nyktos = nuit, hêmera = jour

Oligos

Peu, peu nombreux, voir oligo-éléments

Onirique

Oniros = rêve

Patriarche

Patriarkhès = chef de famille

Téléphone

Télé = à distance, phone = son

 

Et maintenant, si vous êtes chez les hellènes, voici quelques mots ou expressions qui pourraient vous être utiles, on ne sait jamais ! Je ne mets pas les accentuations, bien qu’elles soient très importantes dans la langue grecque!! Idem pour l’alphabet, j’utilise le latin pour la phonétique et la compréhension…

 

Kalimera

Bonjour

Kalispera

Bonsoir

Kalinikta

Bonne nuit

Kaliorexie

Bon appétit

Onira glyka

Fais de bons (doux) rêves 

Evkaristo

Merci, littéralement « bonne grâce »

Ligo psaumi

Un peu de pain 

Psaumi kai oinos

Pain et vin, soit en breton ….baragouine

Parakalo

S’il vous plaît

 

Ave !! euhhh il y erreur… non ?

 

 

par Alain publié dans : Etymologie, langues
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Vendredi 25 avril 2008

Bonjour aux amoureux d’étymologie !!

 

Après les oiseaux, voici le nid ! Bien sûr j’entends d’ici qu’il aurait fallu commencer par le nid, car petit à petit l’oiseau fait son nid !! Mais question, de l’oiseau et de l’œuf, lequel est apparu le premier ?  Pas de réponse ?

 

Donc revenons à notre nid ! Tout le monde sait ce que c’est, même si l’habitation de ces charmantes créatures a été largement détournée pour des utilisations pas toujours très catholiques !

 

 

 

Le terme nid date du XVème et vient du latin nidus. Au XII sa graphie était ni, tout court.

Ce nidus latin est apparenté au sanskrit nîda qui vient de l’indoeuropéen reconstitué nisda.

 

En français, le nid a pondu nidifier, nidification.

 

Cette même racine indoeuropéenne a donné en anglais :

nest,  le nid

Le verbe to nestle : faire son nid, nicher (ne pas confondre avec une multinationale de l’alimentation !),

nestling, un oisillon, trop jeune pour quitter son nid.

 

Le russe gnizdo fait partie de la même nichée !!

 

 

A partir du mot nid, sont nées beaucoup d’expressions :

 

Nid d’aigle : en général un château construit dans lieu élevé, inaccessible.

Nid de poule, des trous dans la chaussée

Nid-de-pie, poste d'observation placé en haut du mât d’un navire

Nid-d’abeilles, broderie en forme d'alvéoles de ruche.

 

Par métaphore, pour exprimer le confort d’un logis :

Un nid douillet, un vrai nid d'amoureux.  

 

Un nid (ou repaire) de bandits

Un nid de vipères. Les vipères sont ovipares, donc…

 

Tout un nid, pour exprimer une grande quantité.

 

 

Le nid en illustration était l’année dernière l’œuvre d’un moineau. Après l’éclosion et le départ des petits, il a été abandonné. Cette année, une merlette l’a squatté et réparé puis y a pondu ses œufs. Elle l’occupe actuellement. Voici un bel exemple de recyclage.

 

Bon WE à tous

par Alain publié dans : Etymologie, langues
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander

Philosophie

« Pour le sage, la tristesse et la joie se ressemblent, le bien et le mal aussi. Pour le sage, tout ce qui a commencé doit finir. Alors, demande-toi si tu as raison de te réjouir de ce bonheur qui t'arrive, ou de te désoler de ce malheur que tu n'attendais pas. »
O. Khayam

Mes Ex S.D.F.....

Léonie la Lionne

 

Ludwig, le Sourd...

 

Album photos

Recherche

blogg sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus