Dimanche 30 décembre 2007

Bonjour à toutes et à tous.... 

 

Il n’est pas dans mes habitudes de présenter des livres, ou alors si peu, mais celui-ci est un peu particulier. 

Voici un livre que nous pourrions qualifier de ….virtuel, écrit par un certain Vichnousarman presque aussi virtuel puisque on ne sait rien de lui. Cette œuvre aurait été écrite vers le Vème/VIème siècle de notre ère, à la demande d’un roi pour l’éducation du prince. 


L’original a disparu de la circulation depuis longtemps et le livre connu sous ce titre est une reconstitution à partir de traductions ou de traditions orales éparpillées dans tout le sous-continent indien. Il est donc difficile de savoir quand il a été écrit, mais ce qui est certain, il est postérieur au grand poème épique « Le Mahabharata » car il contient quelques contes ou fables de ce dernier et on y trouve certain nombre de ses personnages.
 


Les contes et les fables mettent en scène des personnes, mais également des animaux qui ont des comportements et des sentiments humains, comme le fera Esope et plus tard La Fontaine.

 

 

 

 

 

 

 

Le livre I, intitulé « La désunion des amis », montre comment le chacal Damanaka réussit à créer la discorde entre deux amis, le Lion Pińgalaka et le Taureau Samjivaka.

 

Le livre II, intitulé « L’acquisition des amis » où l’union entre faibles permet d’échapper à un ennemi plus fort.

 

Le livre III intitulé « La guerre des corbeaux et des hiboux » nous montre comment les corbeaux profitent des ténèbres pour éliminer leurs ennemis les hiboux. Fable qui rappelle le passage du Mahabharata où les Kauravas rescapés éliminent les Pandavas endormis.

Les livres IV et V, intitulés « La perte du bien acquis » et « La conduite inconsidérée » sont une mise en garde, il faut toujours agir avec prudence et lucidité.

 

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Voici un conte qui va rappeler une certaine Perrette et son pot au lait …. Il est intitulé …


Le brahmane et le pot de farine



Un brahmane du nom de Swabhâvakripana (Misérable par nature) avait rempli un pot de farine de riz reçu en aumône et qui lui restait de son repas. Il pendit ce pot à une cheville, plaça son lit dessous, et, l’œil constamment fixé sur le pot pendant la nuit, il pensa :

Ce pot est pourtant plein de farine de riz.

Si donc il arrive une famine, j’en tirerai alors cent pièce d’argent, et avec cela j’achèterai une paire de chèvres.

Puis comme celles-ci mettent bas tous les six mois, j’aurai un troupeau de chèvres.

Ensuite, avec les chèvres, j’aurai des vaches.

Lorsque les vaches auront vêlé, je vendrai leurs veaux.

Puis avec les vaches j’aurai des buffles femelles, et avec les buffles, des juments.

Quand les juments auront mis bas, j’aurai beaucoup de chevaux. 
De la vente de ceux-ci je tirerai beaucoup d’or. 
Avec l’or j’aurai une maison à quatre salles. 
Puis un brahmane viendra à ma maison et me donnera en mariage une très belle fille avec une dot. 
De celle-ci naîtra un fils que je nommerai Somasarman. 
Puis quand il pourra venir sur les genoux, je prendrai un livre, je m’assoirai derrière l’écurie et j’étudierai. 
Cependant, Somasarman me verra, et désireux de monter sur mes genoux, il s’échappera du giron de sa mère et viendra au près de moi en s’approchant des sabots des chevaux. Alors, saisi de colère, je dirai à la brahmanî (l’épouse) :

- Prends, prends l’enfant

Mais, occupée des travaux du ménage, elle n’entendra pas mes paroles. Alors, je me lèverai et je lui donnerai un coup de pied.

Ainsi plongé dans ces réflexions, il lança un tel coup de pied, qu’il brisa le pot, et qu’il fut blanchi par la farine de riz qui était dans le pot.


Voilà pourquoi je dis :

Celui qui forme un projet irréalisable, impossible, reste blanc dans son lit comme le père de Somasarman.

 

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Un peu d’étymologie… au risque de faire chauffer quelques neurones en cette veille du jour de l’an, n’est-ce pas Chrisa ? lol



Le titre du recueil :

Pañchatantra, de Pañcha = cinq et tantra = livre


Ce terme Pañcha correspond au penta grec et au quinque latin, p devenant q. Ce même Pañcha a donné punch car la fameuse boisson avait à l’origine cinq ingrédients dont le rhum !



J’arrête ici car je ne voudrais pas être responsable de maux de têtes même avec mon punch virtuel !




Bonne année 2008 à toutes et à tous et bientôt

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 4 mars 2007

Bonjour à tous !! alors on continue ? Dragonne et Roanne  vont avoir du retard à rattraper !! Quant à mois, n’en parlons même pas !! 

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Vengeance de Draupadi

 

Le fils de Drona, Ashvatthâman, investi par Shiva le Destructeur, a anéanti les armées et alliés des Pandava. Mais, un coup de chance ou aidés par Krishna, lors de ce massacre les Pandava étaient absents (sinon, l’épopée s’arrêterait là !). Yudichou apprend du cocher d’ Ashvatthâman la mauvaise nouvelle de la destruction de son armée. Il met cela sur le compte d’un manque de vigilance alors qu’on sait que c’est dû à la volonté de Shiva. Il plaint Draupadi pour la perte de ses cinq fils. Celle-ci, en apprenant la nouvelle devient folle et réclame vengeance. Elle demande à Youdichou la tête du fils de Drona ! car tuer de valeureux soldats dans leur sommeil, ça n’a rien de glorieux. – ici on peut faire un parallèle avec la guerre de Troie- Mais Yudhisthira ne veut pas bouger, car pour lui, ils sont morts selon le dharma, on y peut rien. Draupadi se tourne alors vers Bhima avec de telles lamentations qu’il saute sur son char à la recherche d’Ashvatthâman, suivi de Krishna et d’Arjuna. Ashvatthâman, en voyant arriver Bhima, car il connaît ses exploits,  se dit que son dernière heure est arrivée. Krishna le prévoyant sait qu’Ashvatthâman dispose de l’arme divine brahma et qu’il n’hésitera pas à la lancer, au risque de détruire le monde entier, il demande donc à Arjuna de se préparer à lancer son arme divine, celle dont … Drona, le père de son adversaire, lui avait appris le maniement quand il était son élève. Les deux armes illuminent le ciel et font trembler la terre. Les deux sages Narada et Vyasa craignant pour la terre se placent entre les deux armes et les neutralisent. Ils demandent aux belligérants de s’expliquer.

 

Arjuna confirme qu’il voulait neutraliser l'arme d'Ashvatthaman, et rappelle son arme mais avec beaucoup de difficulté. Ce qu’Ashvatthaman est incapable faire, mais à défaut, il peut la diriger vers le ventre des femmes des Pândava afin de détruire leur descendance. Mais Krishna veille au grain (ou à la semence !), le fœtus de Uttara, bien que tué par l’arme d’ Ashvatthâman, revivra et deviendra Parikshit, nouveau roi des Kuru. Ashvatthâman est maudit, il perd le joyau qu’il portait au front au profit du roi aveugle et est condamné à vivre dans la misère. Draupadi est ainsi vengée.

Mort de Jarasandha

 

Les deux armées sont exterminées. Mais il reste Jarasandha, roi des Magadha, ennemi de Krishna. Une expédition punitive est montée par  Krishna, Arjuna et Bhima. C’est ce dernier qui se charge d’éliminer cet ennemi. Krishna profite pour raconter la naissance de Jarasandha. Ça change des tueries !

 

Le père de Jarasandha a deux épouses jumelles qu’il prend grand soin de traiter en tout avec égalité. Mais il n’obtient d’elle aucune descendance (ça arrive souvent !) et commence à désespérer jusqu’au jour où un sage passe par là et lui remet une mangue propre à féconder une femme. Que peut faire le malheureux roi sinon partager la mangue entre ses deux épouses ? Résultat : chacune accouche le même jour d’une moitié de bébé mâle, une moitié droite, une moitié gauche, que les servantes s’empressent à faire disparaître dans la décharge du palais. Passe par là (fort heureusement avant le passage des éboueurs !!) justement la raksasi Jara que l’odeur de la chair fraîche ne saurait tromper. Elle trouve les deux moitiés d’enfants et pour les emporter plus commodément et les dévorer tout à son aise les joint l’une à l’autre. 

Précisément, à l’instant où elle voit le bébé prendre vie dans ses mains, le roi apprend son malheur et sort du palais en criant et en réclamant  son enfant. Belle joueuse, la raksasi se présente au roi et lui tend son bébé auquel il a donné vie, lui prédisant un brillant avenir royal, d’où l’étymologie du nom de Jarasandha « celui qui a été joint (recollé) par Jara ».

(Calvino se serait-il inspiré pour son « Vicomte pourfendu ? ») 

Vidura enseigne le dharma à Dhritarastra.

 

Dhritarastra est ce roi aveugle qui a eu la faiblesse d’épargner son fils Duryodhana, fils qui fut en partie la cause de cette tragédie, il souhaite, il n’est jamais trop tard, recevoir l’enseignement du dharma auprès du fils de Vyasa. Voici cet enseignement, sous la forme d’allégorie :

Un brahmane qui parcourait une immense forêt arriva un jour dans une autre grande forêt inaccessible peuplée d’animaux carnassiers. Elle était terrifiante car les lions, les tigres, les éléphants et les ours qui y abondaient la remplissaient de leurs cris. Des mangeurs de chairs épouvantables aux formes gigantesques et terribles y pullulaient de tous côtés. Yama lui-même aurait tremblé de peur en voyant cet endroit. A la vue de cette forêt, le cœur du brahmane fut saisi d’une grande frayeur. Il en eut la chair de poule et présenta tous les signes de l’émotion. Il erra dans cette forêt en courant ça et là et en regardant dans toutes les directions, se demandant où chercher refuge. Terrorisé, il couru à la recherche d’une faille parmi les créatures mais il ne parvint pas à sortir pour distancer ces êtres ni à se mettre hors de leur portée.

Il s’aperçut alors que cette terrible forêt était complètement enveloppée d’un filet maintenu en place par les deux bras d’une femme horrible. L’immense forêt était pleine de serpents à cinq têtes dressés comme des montagnes et de grands arbres montant jusqu’au ciel. Au milieu de cette forêt était dissimulé un trou d’eau recouvert d’épaisses lianes cachées par des herbes. Le brahmane tomba dans ce trou caché à sa vue mais resta accroché aux lianes étroitement entrelacées comme le gros fruit d’un arbre à pain au bout de sa tige. Il resta donc suspendu les pieds en haut et la tête en bas mais resta dans cette position, d’autres dangers le menacèrent encore. Il aperçut au fond du puits un énorme nâga à la force extraordinaire. Il vit aussi un immense éléphant à six têtes et douze pieds, noir et blanc, qui tournait autour de la margelle du puits en s’approchant peu à peu de l’orifice couvert de branches et de lianes.   Alors que le brahmane était pendu aux branches d’arbres, de redoutables et effrayantes abeilles de toutes sortes se tenaient dans les rameaux. Les habitantes de la ruche ne cessaient de goûter à ce miel qu’elles avaient collecté auparavant et qui était délectable pour toutes les créatures mais attirait ceux qui étaient dans l’ignorance. Des flots abondants de ce miel coulaient vers le bas. L’homme suspendu se mit à boire continuellement et son avidité ne diminuait pas malgré sa situation critique. Il en voulait toujours plus sans jamais être rassasié. Cependant, il ne désespérait pas de sa vie. Même dans cette situation, il espérait toujours vivre. Des rats noirs et des rats blancs rongeaient le pied de l’arbre où le brahmane était accroché.

Cet homme gardait pourtant l’espoir d’être sauvé.

Bien sûr Dhritarastra ne comprend pas grand chose à cette allégorie et Vidura doit lui faire une explication de texte !

Voilà pour aujourd’hui. Bon dimanche à tous !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Dimanche 25 février 2007

Bonjour,

 

 

Cela devient presque un rituel, un article par semaine ! faut se ménager n’est-ce pas ?

 

 

Mort de Salya

 

 

Shalya, le cocher de Karna, est frère de Madri (la maman des jumeaux Pandava, Sahadeva et Nakula) et oncle maternel des Pandava. Il a choisi par faiblesse le camp des Karauva, mais bien que dans le camp ennemi il veut rester fidèle à ses neveux. Pourtant à la guerre il faudra choisir son camp. Salya est donc confronté aux Pandava et se défend comme un lion. Les neveux sont obligés de monter un plan d’attaque en répartissant les rôles pour venir à bout de ce combattant sans pareil. Youdichou part à l’assaut contre Salya pendant que Bhima tue ses chevaux et lui coupe son épée.  Dans l’indescriptible combat, bien que des combattants viennent au secours de Salya, il a le dessous et est tué par la flèche de Youdichou.

 

 

Mort de Sakuni

 

 

Sakuni  c’est le tricheur aux dés, celui qui fit perdre la royauté aux Pandava. Au combat, il est accompagné de son fils Uluka. Lors de la répartition des rôles et des adversaires, c’est le Pandava Sahadeva qui devait combattre le tricheur. Dans cet affrontement, Sahadeva tue le fils de Sakuni qui se souvient alors des paroles de Vidura, car ce dernier était contre les parties de dés pipés. Sakuni reprend le combat avec son épée. Sahadeva ayant coupé l’épée, il s’arme d’une massue qui subit le même sort. Sakuni se trouve alors à la merci de son ennemi. Sahadeva lui rappelle les parties de dés pipés au palais, le malheur qui s’en est suivi et comment ils ont dû  s’exiler pendant 13 ans, menant une vie misérable. Il va lui faire connaître maintenant le « fruit de ses actes » ! Il le submerge alors d’une pluie de traits puis finalement  lui coupe la tête !

 

 

Mort de Duryodhana

 

 

Après toutes les pertes subies par l’armée de Duryodhana, ce dernier, fatigué, se retrouve seul. Il s’enfuit se cacher au fond d’un lac  afin de refaire ses forces. Par ses pouvoirs magiques, il transforme l’eau en glace afin de se faire un lit ! Les Pandava, partis à sa recherche, ne le retrouvent pas. En revanche, quelques uns de ses partisans le retrouvent et lui demandent de repartir au combat. Voilà que le hasard se mêle…. Des chasseurs, amis de Bhima, qui venaient à passer par  là, entendent la conversation et par aussitôt la rapporter aux Pandava. Ces derniers viennent retrouver Dhuryodhana afin de terminer le combat. Dhuryodhana essaie de transiger en proposant une transaction que refusent les Pandava. Il veut leur donner un bout de terre pour qu’ils finissent tranquillement leur vie. Devant le refus des cousins, il accepte le combat, mais souhaite avoir un seul adversaire parmi les Pandava. Youdichou demande à Dhuryodhana de prendre sa massue pour le combat en lui rappelant comment ses hommes avaient tué le fils d’Arjuna alors qu’il était seul. Youdichou accède à sa demande, ainsi, s’il vainc le Pandava désigné pour l’affronter, il gardera son titre de roi. Krishna, toujours présent, mais souvent muet, fait remarque à Youdichou son manque de discernement pour avoir accepter la condition de son adversaire. Car si c’est Youdichou qui doit faire face à Dhuryodhana, il sera incapable de tenir un combat à la massue face à son adversaire, car Dhuryodhana est entrainée à manier la massue et il est rusé. Youdichou réfute l’argument de Krishna et se sent capable de vaincre son cousin. Krishna verrait bien Bhima affronter leur ennemi, mais Bhima bien que le plus fort n’a pas la ruse de de Durhyodhana.

 

 

C’est Bhima qui va finalement affronter Dhuryodhana. Ce dernier exulte, car il est sûr de gagner, s’étant entraîné pendant 13 ans au maniement de la massue. La bataille s’engage et fait rage, aucun des deux n’a le dessus. Mais à un moment du combat, Bhima fait face à Arjuna, ce dernier se frappe la cuisse gauche. Bhima a compris le signe ! pendant ce temps, les autres Pandava, réunis autour des combattants,  faisaient des cercles de droite à gauche, puis de gauche à droite, afin d’encourager leur poulain mais aussi de dérouter l’adversaire ! Bhima lance sa massue, son adversaire esquive le coup, et voilà Bhima désarmé qui reçoit un coup de massue. Il accuse le …coup, il est sonné, mais réussit à reprendre sa massue. Il repart au combat en fonçant sur son adversaire. Dhuryodhana saute pour esquiver le coup de massue de Bhima. Mais ce dernier prévoit et devance ce geste, il lance la massue sur les deux cuisses de Dhuryodhana et les brise net. Le combat s’arrête là. Les Pandava exultent et Bhima se rapproche de Dhuryodhana pour lui rappeler son comportement dans le palais, lors de l’humiliation de Draupadi, il veut lui écraser la tête mais Youdichou le droit, l’en dissuade, ne sont-ils pas cousins ?

 

 

Le massacre final, la destruction de l'armée des Pandava

 

 

Asvatthaman, le fils de Drona, reçoit de Shiva la mission de détruire l’armée des Pandava. Après avoir fait les offrandes réglementaires, Shiva prend possession  du fils de Drona et lui offre une superbe épée brillante et des démons invisibles afin de mener à bien cette tâche.

 

 

Asvatthaman va alors retrouver ses deux bras armés, Kripa et Kritavarnam, en leur ordonnant d’entrer dans le campement des adversaires où tout le monde dort, et de les massacrer tous.

 

 

De son côté, Asvatthaman va chez le général en chef des Pandava, Dhristadyumna, le surprend dans son sommeil et l’étouffa avec le pied. Mais les cris de Dhristadyumna alertent tout le campement. Des guerriers arrivent à la rescousse, l’encerclent, mais étant le bras armé de Shiva, il les extermine avec l’arme divine Rudra (ou Shiva le destructeur). Parmi les autres victimes de Dhristadyumna, on trouve les cinq fils de Draupadi, Sikhandin-Amba (le meurtrier de Bhisma). L’invincible Asvatthaman continue son massacre avec l’épée divine, une vraie session sacrificielle, puisqu’elle a été ordonnée par Shiva.

 

 

C’est assez pour aujourd’hui n’est-ce pas !!

 

 

Bonne semaine à tous.  

 

 

 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Lundi 19 février 2007

Bonjour à tous les courageux ! On arrive presqu’au bout du rouleau !! du moins pour les guerriers !

   

Karna et Arjuna, les deux frères, n’ont pas encore eu l’occasion de s’affronter. Voici ce moment qui arrive. Accompagné de son conducteur de char Salya, Karna est remonté à bloc et se sent en état de battre Arjuna, mais il y a un mais !

« Je combattrai sans peur Krishna et Arjuna, ces éminents guerriers. Mais je suis pour l’heure dans les affres de l’angoisse à cause de la malédiction que m’ont lancée Rama et un excellent brahmane. Autrefois, je vivais chez Rama en me faisant passer pour brahmane afin qu’il m’enseignât l’usage de l’arme divine. C’est là que le roi des dieux, pour le bien d’Arjuna, a dressé un obstacle devant moi. Pour cela, ayant revêtu la forme disgracieuse d’un ver, il est venu sur ma cuisse et l’a percée pendant que mon maître dormait, la tête posée sur mes genoux. Une fois ma cuisse percée, le sang s’est mis à couler abondamment de mon corps mais comme je craignais mon maître,  je n’ai pas bougé. Puis, le brahmane s’est éveillé et a vu le sang. En constatant mon endurance, il m’a dit : «  Tu n’es pas un brahmane ! Qui es-tu ? Dis-moi la vérité » Alors, je lui ai avoué que j’étais un suta (classe des guerriers). En apprenant cela, le grand ascète, débordant de colère, m’a maudit en ces termes : « suta, cette arme que tu as acquise frauduleusement ne t’apparaîtra pas quand tu voudras t’en servir, sauf au moment de ta mort. »

Les contretemps poursuivent Karna. Il avait tué un veau par inadvertance et avait été maudit à nouveau par le brahmane…

« Puisque tu as tué par inattention le petit d’une vache à oblation, la roue de ton char s’enfoncera dans une crevasse  pendant que tu combattras sur le champ de bataille, au moment où tu seras tout entier saisi par la peur. »

   

Tout va donc de travers pour Karna, et pour couronner le tout, la roue (çakra) qui est un symbole de pouvoir royal s’embourbera, comme par hasard c’est la roue gauche, ce qui signifie que Karna ne mérite pas le pouvoir royal.

   

Dans cet épisode, Karna affronte tour à tour les 5 Pandava tout en faisant un carnage dans l’armée du camp adverse avec ses armes divines. Dans les duels successifs avec les Pandava, il attaque Youdichou qui refuse le combat en prenant ses jambes à son cou. Arjuna n’apprécie pas que son frère abandonne le champ de bataille alors que ses hommes se font tuer. Ils en arrivent presque aux  mains.  Krishna désapprouve cette colère et tente d’apaiser Arjuna en lui donnant une leçon de dharma, lui qui voulait tuer son frère :

« Je sais maintenant que tu n’as pas fréquenté les anciens. Ta colère est inopportune. Tu es oublieux du dharma et tu n’as pas de sagesse… Par les traités, on peut tout savoir, mais tu ne les as pas compris. Bien que connaissant le dharma, ta façon de le respecter est due à ton manque de discernement. Vertueux comme tu l’es, tu ne comprends pas ce qu’est le meurtre des êtres vivants. S’abstenir de tuer les êtres vivants est plus important que tout. Mieux vaut encore dire un mensonge mais il ne faut jamais tuer. »

Ça c’est la leçon de Krishna, mais cela ne l’empêche pas de prendre partie pour les Pandava !

  

Bhima pendant ce temps est aux prises avec Duhsanana, le frère de Duryodhana, celui qui avait humilié Draupadi devant l’assemblée des hommes. Il le tue et boit …son sang comme il l’avait promis !

Krishna trouve que la guerre a assez duré, on en est au 17 ème jour, il demande à Arjuna de…. tuer Karna en lui faisant apparaître l’arme suprême, Brahma. Mais cette arme n’est pas si suprême que ça, puisque  Karna avec ses flèches divines le détruit. Dans ce duel Arjuna/Karna, tantôt c’est l’un qui a le dessus, tantôt c’est l’autre. Ne sont-ils pas frères avec des armes divines, donc de pouvoirs semblables ?

     

Quelques autres scènes épiques :

Le combat entre les deux camps  tourne à la confusion. Ils en arrivent à des corps à corps. Le singe Hanuman de l'enseigne d'Arjuna ne reste pas les bras croisés, il pousse des cris si effrayants qu’ils déstabilisent les Kaurava. Krishna vient à la rescousse et donne également dans les décibels avec sa conque et fait trembler le champ de bataille. Arjuna invoque l'arme des Serpents et les lancent dans le camp adverse. Ces serpents entravent les jambes des adversaires qui ne peuvent plus bouger (le scénariste de Conan le barbarian a dû s’en inspirer). Arjuna est touché par des flèches et est blessé. Il réagit en remplissant tout l’espace de flèches de l’arc Gandiva. Karna est touché en pleine poitrine de neuf flèches de fer droites, solides et empennées d’or. Son char s’embourbe et il demande une trêve pour se désembourber. A la guerre comme à la guerre, Krishna donne un coup de pouce en enfonçant plus encore la roue (avec son talon) pour bloquer Karna  et demande à Arjuna de refuser la trêve. Alors Arjuna lui coupe la tête avec son arme anjalika (arme en forme de mains jointes, une forme d’excuse pour la mort qu’elle va donner !).  

   

Duryodhana devant une telle débâcle veut proposer à  Youdichou de faire la paix en lui proposant des terres mais qui ne sont pas à …lui. Youdichou le ridiculise car il est trop tard maintenant, la guerre doit aller jusqu’à son terme.

A la vue de certains signes, les combattants restants sur le champ de bataille savent que la fin est proche. En effet, des prodiges s’offrent à leurs yeux….des lacs et des puits vomissent du sang, des fleuves coulent à contre-courant, des femmes semblèrent devenir masculines et des hommes féminins…. le monde à l’envers !

   

 

A la fin de la bataille, Krishna, le cocher d’Arjuna, lui demande de descendre du char avec l’arc Gandiva, lui Krishna ne descendra qu’en dernier. Arjuna s’exécute, mais ne comprend pas cette mise en scène. 

Krishna descend à son tour, est à peine a-t-il mis pied à terre que le singe céleste de l’emblème disparait. Puis le char s’enflamme  instantanément sans qu’on y ait mis le feu.  Alors Arjuna salue et se prosterne devant Krishna en voyant ce prodige. Peut-il entendre et comprendre ce qui vient de se passer ?  A quoi répond Krishna :

- Ce char avait déjà été brûlé auparavant par toutes sortes d’armes qu’il avait reçues, mais comme je me tenais dessus, il n’a pas été détruit pendant la bataille. Ce n’est qu’à présent qu’il a été détruit, brûlé par le feu de l’arme brahmanique, car je l’ai

quitté maintenant que tu as accompli ta tâche.

    

Allez, c’est assez long pour aujourd’hui, je garde la fin de cette guerre impitoyable pour la prochaine fois. 

Bonne semaine à tous.

 

 

 

 

 

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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Lundi 12 février 2007

Bonjour à tous !! pour ceux qui attendaient la suite de l’épopée !

Quand Arjuna eut tué le roi des Sindhu, Krishna dissipa les ténèbres qu’il avait créées. Nous arrivons ici dans un autre moment fort de la guerre où des héros vont être abattus. Parmi eux, Karna, le frère aîné et ennemi d’Arjuna, Drona le brahmane-guerrier. Le roi Drupada avait un vieux contentieux avec Drona et voulait depuis longtemps le tuer. Mais Drona n’étant pas né d’une femme, ne pouvait être tué par un humain. Draupada à l’aide d’un brahmane complaisant fit naître un fils, Dhristadyumna destiné à tuer Drona ! 

Il y a bien des prodiges… tout comme dans l’Iliade et l’Odyssée. 

Eloge de Krishna à Arjuna

Après cette première bataille, Krishna fait alors l’éloge d’Arjuna qui aurait vaincu les dieux mêmes s’il avait dû les affronter. Mais Arjuna fait le modeste et remercie Krishna pour son aide précieuse car la victoire lui revient bien. 

Puis Krishna fait visiter à Arjuna le champ de bataille, jonché des morts. Ces princes vaillants qui briguaient la victoire au combat et un glorieux renom gisent maintenant à terre, anéantis par les flèches d’Arjuna. Leurs armes et leurs parures sont dispersées, leurs chars et leurs éléphants taillés en pièces. Le sol est jonché de cadavres et couvert d’une épaisse boue de sang, de graisse et de chair...  

Couverte de clochettes d’éléphants royaux et de leurs diverses parures, de guirlandes, d’ornements variés, et d’habits précieux arrachés, la terre scintille comme un ciel d’automne parsemé d’étoiles. Les princes de la terre, tués pour la cause de la terre, dorment sur cette terre qu’ils étreignent de tout leur corps comme une femme aimée. Les guerriers enlacent la terre de tous leurs membres, les cheveux couverts de poussières, le corps transpercé de flèches….. 

Karna, le guerrier aux boucles d’oreille et à la cuirasse 

« Lorsque Karna et les guerriers tout joyeux se mirent en route, la terre trembla et fit entendre un cri déchirant. On vit les sept grandes planètes se détacher du soleil, des météores tombèrent et tout l’horizon fut embrasé. La foudre tomba du ciel sans pluie et des vents terribles se levèrent. Puis des bandes d’animaux et d’oiseaux se déplacèrent à maintes reprises de façon à avoir l’armée à leur gauche, faisant prévoir un grand danger. Les coursiers célèbres de Karna s’effondrèrent au sol. Une effroyable pluie d’ossements tomba de l’espace. Les armes se mirent à flamboyer et les emblèmes à trembler. Les montures versèrent des larmes. Ces terribles présages de malheur et d’autres encore apparurent pour annoncer l’extermination des Kaurava. Mais personne n’en tint compte car tous étaient égarés par le destin. »   

La guerre fait rage, on n’arrive plus à distinguer les Kaurava de leurs ennemis. A ce moment, les Pandava ont l’avantage sur leurs ennemis qui s’enfuient. Seul reste visible sur le champ de bataille Karna, aux prises avec le raksasa Ghatokaça, fils de Bhima et de la raksasi Hidimba. Le rejeton de Bhima est doué de pouvoirs magiques et en use pour lutter contre Karna. Il vole dans le ciel et domine son adversaire. Karna de son côté n’arrive pas non plus à se débarrasser de Ghatokaça. Pressé par ses amis, il utilise à contre cœur sa lance magique, lance à utilisation unique qu’il gardait en réserve pour combattre Arjuna. Avec cette lance il tue Ghatokaça. Les Pandava sont chagrinés par la mort du fils de Bhima alors que Krishna exulte ! Le comportement de Krishna devant le deuil des Pandava choque profondément Arjuna. Mais au chagrin d’Arjuna et de ses frères, Krishna qui n’est pas Dieu pour rien et qui voit plus loin que son nez, explique la raison de sa joie : 

Karna, le héros aux boucles d’oreilles et à la cuirasse, en utilisant sa lance infaillible contre Ghatokaça, ne pourra donc plus tuer Arjuna. La victoire ne peut donc lui échapper.

Drona, le brahmane-guerrier 

Drona a lui seul fait un carnage chez les alliés d’Arjuna. Krishna, selon sa formule classique, pense que même les dieux ne pourraient vaincre Drona. Il propose alors à Arjuna une ruse pour affaiblir et tuer son adversaire. Mais Arjuna « le droit » refuse la ruse alors que les autres l’approuvent. 

La ruse consiste à faire croire que le fils de Drona, Asvatthaman, a été tué au combat. Comme le mensonge est proscrit par le dharma, Bhima au bras puissant tue à coups de massue un grand éléphant de sa propre armée, terrible et féroce, qui se nommait….. Asvatthaman. Bhima, plein de honte, s’approche alors de Drona qui se battait et dit à haute voix qu’Asvathaman a été tué. Mais il garde présent à l’esprit que c’est l’éléphant Asvathaman qui a été tué, mentant ainsi seulement en paroles. En entendant ces mots, Drona sentit son corps se décomposer comme du sable dans l’eau. Cependant, connaissant l’héroïsme de son fils, il a des doutes sur cette mauvaise nouvelle. Il reprend alors de plus belle le combat, continuant le carnage par ses flèches inépuisables. Il tue 20 mille guerriers adverses ! puis ce fut le tours de milliers de chevaux, d’éléphants… 

Devant un tel désastre, une délégation de sages vient à la rencontre de Drona pour lui demander le cesser le combat, car le jour de sa mort est arrivé ! Il doit donc se laisser mourir !! Il n’est pas contre, mais il veut savoir si son fils a été vraiment tué. Il interroge Yudichou, roi du dharma qui ne peut donc mentir. Sous la houlette de Krishna, Yudichou avoue, mais de façon indistincte et confuse en déclarant tout bas que  « l’éléphant   a été tué ». Ce qui était vrai. A ces mots, Drona ne souhaitait plus continuer à vivre mais résolut de finir sa vie dans un combat conforme à l’honneur, sans faire de quartier. Afin d’anéantir ses adversaires, il utilise l’arme redoutable appelée Brahma (arme acquise frauduleusement, en se faisant passer pour un brahmane auprès d’un vrai brahmane. Cette arme ne devait lui apparaître qu’au moment de sa mort). Bhima voyant le désastre va chercher  Dhristadyumna quelque part sur le champ de bataille pour affronter Drona. Ce dernier blesse Dhristadyumna. Sur ce Bhima s’adresse à Drona en lui expliquant que son comportement n’est pas digne du dharma et que celui pour qui il se bat (son fils) étant mort, son combat devenait vain. Contre toute attente, Drona dépose les armes, et fait la paix avec ses ennemis. Le récitant raconte que Drona s’étant mis en état de yoga, est « monté » dans le monde divin de Brahma ! (ça vous rappelle des choses, ces montées au ciel ?), son corps étant resté sur le champ de bataille, Dhristadyumna le décapite. Il était né pour cette tâche après tout. Après la mort de Drona, les armées des deux camps effarés se dispersent. 

Vision d’Arjuna pendant la bataille 

Arjuna interroge Vyasa sur ce prodige qu’il a vu pendant la bataille. Pendant qu’il frappait ses ennemis, il voyait un homme éclatant comme le feu qui marchait devant lui mais sans toucher le sol. Où qu’il allait, ses ennemis tombaient morts. C’est cette apparition qui faisait des prodiges et non lui Arjuna qui ne faisait que suivre ce bouclier. 

A cela Vyasa répond qu’il s’agissait du puissant Shiva (1). Là où est Shiva, là est la victoire. 

Donc Arjuna n’a pas beaucoup de mérites ! 

1 – Mahadeva Sthanu = Shiva ou « Dieu puissant (Grand) Immobile ». Sthanu a donné la racine anglo-saxonne, « stand », « se tenir debout ». Rajasthan = « pays des rois »…. 

Bonne semaine et à bientôt pour la suite ou autre chose !!

par Alain publié dans : Littérature de l'Inde ancienne
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