Lundi 5 mai 2008

Bonjour à toutes et à tous…

 

Des mots, oui des mots, mais du Maître ! Car cela fait un moment que je n'en avais pas mis !!

 

Voici un extrait de la pièce intitulée Cymbeline dont j’avais parlé dans un article où un page faisait tourner des têtes …normal me direz-vous,  on tourne bien les pages !!

 

Ici, le Page toujours, en réalité Innogène ou Imogène dans certaines versions, épouse de Posthumus, est victime d’une calomnie. Pisanio, l’écuyer de Posthumus a ordre de mettre à mort la belle.

 

Les voilà traversant une forêt….  Pisanio, la mine déconfite, donne la lettre de Posthumus à Innogène.

 

 

 

Innogène : Quand nous sommes descendus de cheval, tu m’as dit

Que l’endroit était proche. A ma naissance, l’envie

Qu’eut ma  mère de me voir ne put être aussi forte

Que mon présent désir. Pisanio, mon ami,

Où se trouve Posthumus ? Quel trouble dans ta tête

Te fait cet œil hagard ? Pourquoi un tel soupir

Sort-il de tes entrailles ? Rien qu’en peinture, quelqu’un

Dans ton état passerait pour perturbé jusqu’à

La confusion mentale. Compose-toi une allure

Moins effrayante, avant que l’hystérie s’empare

De mes nerfs mieux équilibrés. Que se passe-t-il ?

Pourquoi me tendre ce papier avec un air

Aussi peu tendre ? S’il présage d’été,

Souris-lui en prélude ; si c’est l’hiver, tu n’as

Qu’à garder cette mine-là. La main de mon mari !

Cette satanée empoisonneuse qu’est l’Italie

L’a circonvenu et il est dans l’impasse. Mais parle !

Ta langue peut amortir un coup que la lecture

Rendrait mortel pour moi, pas moins.

Pisanio : De grâce, lisez !

Vous allez voir combien,  malheureux que je suis,

La fortune me méprise.
.........................   

- Thou told'st me, when we came from horse, the place
Was near at hand: ne'er long'd my mother so
To see me first, as I have now. Pisanio! man!
Where is Posthumus? What is in thy mind,
That makes thee stare thus? Wherefore breaks that sigh
From the inward of thee? One, but painted thus,
Would be interpreted a thing perplex'd
Beyond self-explication: put thyself
Into a havior of less fear, ere wildness
Vanquish my staider senses. What's the matter?
Why tender'st thou that paper to me, with
A look untender? If't be summer news,
Smile to't before; if winterly, thou need'st
But keep that countenance still. My husband's hand!
That drug-damn'd Italy hath out-craftied him,
And he's at some hard point. Speak, man: thy tongue
May take off some extremity, which to read
Would be even mortal to me

 

 

- Please you, read;
And you shall find me, wretched man, a thing
The most disdain'd of fortune

.........................

Pisanio : A quoi bon tirer mon épée ? Déjà la lettre

Lui a tranché la gorge. La calomnie plutôt

Plus acérée que n’est l’épée, elle dont le croc

Est plus venimeux que tous les serpents du Nil,

Dont le souffle, chevauchant les vents rapides, abuse

Les quatre coins du monde. Rois, reines et autres grands,

Vierges ou matrone, et jusqu’aux secrets de la tombe,

La calomnie les empoisonne….

- What shall I need to draw my sword? The paper
Hath cut her throat already. No, 'tis slander,
Whose edge is sharper than the sword, whose tongue
Outvenoms all the worms of Nile, whose breath
Rides on the posting winds and doth belie
All corners of the world: kings, queens and states,
Maids, matrons, nay, the secrets of the grave
This viperous slander enters. What cheer, madam?

 

 

 

Bonne soirée à tous et à une prochaine pour …

 

par Alain publié dans : Beautiful Bard Willy alias WS
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Mercredi 30 avril 2008

 

Bonjour à tous !!

 

Un peu de Shakespeare, hein Chrisa ? Mais c’est valable pour les autres aussi !

 

La naïveté ou comment faire avaler des couleuvres aux pauvres gens a-t-elle disparu de nos jours ?

- Puisqu’on a vu ça à la télé, c’est forcément vrai.

 

Quand je vois comment on nous assène de publicités rien que pour vider nos poches, et ça marche, pas de doute, nous sommes toujours aussi naïfs, quelle que soit l’époque d’ailleurs !  Mais de nos jours, nous faisons mieux, nous achetons du … gratuit !

 

Voici un échange extrait de la pièce « Le Conte d’hiver », plus c’est gros (poisson)  mieux ça passe !

Autolycus, pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents, est le bonimenteur qui cherche à fourguer sa camelote.


Une scène du Conte d’hiver par A.L. Egg, celle justement où les filles demandent un cadeau à leur amoureux. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sot : Qu’est-ce que tu as ? Des ballades ?
Mopsa : S’il vous plaît, achetez-en.

J’adore les ballades imprimées, parce qu’alors on est sûr qu’elles sont vraies.
Autolycos : J’en ai une ici sur un air des plus dolents, qui dit comment la femme d’un usurier a accouché de vingt sacs de monnaie d’un seul coup, et comment elle avait des envies de têtes de vipères et des crapauds en carbonade.
Mopsa : C’est vrai, vous croyez ?
Autolycos :
Tout à fait, et ça ne date que d’un mois.
Dorcas : Dieu me garde d’épouser un usurier.

Autolycos : Il y a ici les noms de la sage-femme, une dame Duragot, et cinq ou six commères qui étaient présentes. Pourquoi est-ce que je colporterais des mensonges.
Mopsa : S’il vous plaît, achetez-là.
Le Sot : Allez, mets-là de côté, et commençons par en voir d’autres. nous achèterons le reste.
Autolycos : Tenez encore une ballade, c’est sur un poisson qui est apparu sur la côte le mercredi quatre-vingt avril à quarante mille brasses au-dessus de l’eau, et qui a chanté cette ballade contre la dureté des cœurs des jeunes filles. On a cru que c’était une femme, et qu’elle avait été transformée en poisson froid pour n’avoir pas voulu faire œuvre de chair avec celui qui l’aimait. C’est une ballade très pitoyable, et non moins vraie.
Dorcas : Elle est vraie aussi, vous croyez ?
Autolycos :
Signée par cinq juges, et avec plus de témoin que mon ballot ne pourrait en contenir.

- What hast here? ballads?
- Pray now, buy some: I love a ballad in print o'
life, for then we are sure they are true
 

- Here's one to a very doleful tune, how a usurer's
wife was brought to bed of twenty money-bags at a
burthen and how she longed to eat adders' heads and
toads carbonadoed

- Is it true, think you?
- Very true, and but a month old.
- Bless me from marrying a usurer!
- Here's the midwife's name to't, one Mistress
Tale-porter, and five or six honest wives that were
present. Why should I carry lies abroad?

- Pray you now, buy it.
- Come on, lay it by: and let's first see moe
ballads; we'll buy the other things anon.
- Here's another ballad of a fish, that appeared upon
the coast on Wednesday the four-score of April,
forty thousand fathom above water, and sung this
ballad against the hard hearts of maids: it was
thought she was a woman and was turned into a cold
fish for she would not exchange flesh with one that
loved her: the ballad is very pitiful and as true.


- Is it true too, think you?
- Five justices' hands at it, and witnesses more than
my pack will hold

 

 

 

Vérifiez bien vos poches en sortant, c’est plus prudent!!

 

Sur ce, portez-vous bien et à la prochaine !!  

 

 

 

par Alain publié dans : Beautiful Bard Willy alias WS
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Samedi 26 avril 2008

Bonjour à tous les amoureux du vieux Barde alias Shakespeare.

 

A la demande d’une fidèle lectrice, je pense qu’elle devrait se reconnaître ;)) un extrait de la pièce Le Conte d’hiver, après les pinsons d’hiver lol.

Francky devrait s’en inspirer pour parler aux dames avant d’ouvrir son bec LOL

 

 

 

 

Hermione s’adresse ici au roi de Bohème, Polixène

 

 

Quoi ! bien parlé deux fois?
Quand fut la précédente ?
Je t’en prie, dis-le moi.
Gavez-nous de louanges
Comme des volailles grasses.
Un beau geste qui meurt
Sans un mot en massacre un millier qui le suivent.
Les compliments sont nos salaires.
Un doux baiser,
Et nous courons cent lieues,
alors qu’à l’éperon
Nous n’allons qu’un arpent. 

What! have I twice said well?
When was't before?
I prithee tell me;
cram's with praise, and make's
As fat as tame things :
One good deed dying tongueless
Slaughters a thousand waiting upon that.
Our praises are our wages :
you may ride's
With one soft kiss
A thousand furlongs ere
With spur we beat an acre.

 

 

Je mettrai une autre fois un passage plus complet, car je le trouve bien.

 

 

Bon WE à tous et profitez du beau temps car ça ne va pas durer !!

 

par Alain publié dans : Beautiful Bard Willy alias WS
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Mercredi 16 avril 2008

 

Bonjour à toutes et à tous et principalement à ceux qui apprécient les extraits des œuvres de Maître William qui sont parsemés ici ou là sur ce blog. Tu ne vas pas t’en aller encoooore Francky !!!!

 

Question : Est-il toujours bon de savoir ?

 

Dans ce passage, Léonte, le roi de Sicile, est jaloux. Il soupçonne son ami d’enfance et roi de Bohème Polixène de « vilainie » avec son épouse Hermione.

Dans son délire, il est sûr de sa clairvoyance et que sa jalousie est juste. Mais cette clairvoyance est aussi la source de son malheur. Notez cette malédiction dans la bénédiction ! C’est du William.

En somme tout se passe dans la tête. Avis à la ministricule de la santé…. 

 

 

 

 

Quelle bénédiction
Que mon bon jugement et ma juste opinion !
Ah ! que n’en sais-je moins !
Quelle malédiction que d’être ainsi béni !
Une araignée peut être
Dans la coupe, et l’on peut boire, et s’en aller,
Sans être empoisonné, parce que la connaissance
N’en est pas infectée ; mais qu’un autre présente
L’ingrédient abhorré, dise qu’on a bu,
Et l’on se rompt la gorge et la poitrine par
De violents haut-le-cœur.
J’ai bu, et vu cette araignée.

How blest am I
In my just censure, in my true opinion!Alack, for lesser knowledge!
How accursed in being so blest!
There may be in the cup
A spider steep'd, and one may drink, depart,
And yet partake no venom, for his knowledge
Is not infected: but if one present
The abhorr'd ingredient to his eye, make known
How he hath drunk, he cracks his gorge, his sides,
With violent hefts.
I have drunk, and see the spider.

 

 

 

En clair, selon  la croyance, le poison est censé agir  que si la victime on en a connaissance. Combien de médicaments ne sont que des placébos ? Ils coûtent chers pourtant !

 

Sur ce, ne vous rendez pas malades et à une prochaine fois pour des …. Photos.... ici c'est un coucou en forme de coupe. 

 

 

par Alain publié dans : Beautiful Bard Willy alias WS
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Dimanche 13 avril 2008

Bonjour à toutes et à tous !!

 

Eh oui, un autre article où je combine le Maître et les abeilles !! La raison, …

…Ces abeilles sont d’une importance capitale pour notre planète, alors les louer par la plume de Shakespeare, quel plus bel hommage ! Alors regardez-les à l’œuvre. Bien sûr elle en met partout... comme le miel!! 

 

 

 

 

Il s’agit d’un extrait de la pièce Cymbeline, déjà rencontrée, où un jeune Page faisait tourner des têtes !! Ici, le Page qui est en réalité une femme nommée Innogène, reçoit un courrier de son mari Leonatus. Bien sûr le courrier est scellé, pas comme le cheval !!

 

 

 

 

 

 

Pisanio : Madame, voici une lettre qui vient de mon seigneur.
Innogène : Qui, ton seigneur qui est le mien, Léonatus ?
Ah ! qu’il serait savant, l’astrologue qui lirait
Dans le ciel, comme je connais, moi, cette écriture !
Il saurait dévoiler l’avenir. Ô dieux propices,
Faites que ce que contient ceci fleure bon l’amour
De mon seigneur, sa santé, son plaisir – quoique
Pas d’être séparés ainsi. Qu’il s’en afflige !
Certains chagrins sont salutaires, et c’en est un
Car il est tonique pour l’amour – son plaisir, donc,
En tout, sauf en cela ! Permets, bonne cire. Soyez
Bénies, abeilles qui faites ces fermoirs de l’intime !
Amoureux et escrocs ne font pas même souhait !
Cire, tu jettes au secret les faillis, mais tu gardes
Secrets les mots de Cupidon.
De bonnes nouvelles, ô dieux !

- Madam, here is a letter from my lord
 

-Who? thy lord? that is my lord, Leonatus!
O, learn'd indeed were that astronomer
That knew the stars as I his characters;
He'ld lay the future open. You good gods,
Let what is here contain'd relish of love,
Of my lord's health, of his content, yet not
That we two are asunder; let that grieve him :
Some griefs are med'cinable; that is one of them,
For it doth physic love: of his content,
All but in that! Good wax, thy leave. Blest be
You bees that make these locks of counsel! Lovers
And men in dangerous bonds pray not alike :
Though forfeiters you cast in prison, yet
You clasp young Cupid's tables.
Good news, gods!

 

 

 

 

 

 

Bonne semaine à tous

 

par Alain publié dans : Beautiful Bard Willy alias WS
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Philosophie

« Pour le sage, la tristesse et la joie se ressemblent, le bien et le mal aussi. Pour le sage, tout ce qui a commencé doit finir. Alors, demande-toi si tu as raison de te réjouir de ce bonheur qui t'arrive, ou de te désoler de ce malheur que tu n'attendais pas. »
O. Khayam

Mes Ex S.D.F.....

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Ludwig, le Sourd...

 

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